La Cour des comptes belge va contrôler les dépenses liées aux mesures de lutte contre les drones et à l’aide à l’Ukraine


Principaux renseignements

  • La Cour des comptes belge va enquêter sur 50 millions d’euros de dépenses anti-drones et 1 milliard d’euros d’aide à l’Ukraine.
  • Les législateurs examinent de près les procédures d’achat accélérées à la suite d’incursions suspectes de drones et de litiges concernant la sélection des fournisseurs.
  • Les tensions politiques liées à ces irrégularités menacent de geler les futurs investissements dans la défense.

La Cour des comptes belge a été autorisée par la Commission de la défense à enquêter sur les dépenses de 50 millions d’euros consacrées à la technologie anti-drones. En outre, l’audit portera sur une partie spécifique de l’aide militaire fournie à l’Ukraine, d’une valeur de 1 milliard d’euros.

Examen minutieux des marchés publics accélérés

Cet examen fait suite à une série d’incursions de drones dans l’espace aérien belge en novembre 2025. Le ministre de la Défense, Theo Francken, a essuyé de vives critiques après qu’un reportage de la VRT a remis en question la légitimité d’une procédure d’achat accélérée utilisée pour sélectionner cinq fournisseurs spécifiques.

L’objectif de cet examen indépendant est de vérifier si les exigences légales en matière d’achat ont été respectées et de fournir des orientations pour l’avenir. Une première série de conclusions est attendue d’ici octobre, le document final devant être transmis au Parlement en décembre.

Audit externe

La pression en faveur d’un audit externe s’est intensifiée après la publication d’un article révélateur qui a jeté le doute sur les méthodes d’approvisionnement du ministre. Au départ, M. Francken a sollicité un examen par le Service fédéral d’audit (FIA), mais cette demande a été rejetée en raison d’une enquête judiciaire en cours. En conséquence, les partis d’opposition sont intervenus pour demander l’intervention de la Cour des comptes.

Bien que le ministre Francken soutienne qu’il a agi en toute transparence et qu’il n’a rien à cacher, il a admis qu’une décision formelle sur la méthode d’enquête était nécessaire.

Critiques de l’opposition

Pour sa défense, le ministre a affirmé que cette acquisition était nécessaire et a souligné qu’aucun fournisseur n’avait contesté juridiquement la procédure d’appel d’offres. Malgré ces affirmations, les membres de l’opposition restent sceptiques. Ils ont notamment remis en question le niveau réel de menace que représentent les drones russes et critiqué la manière dont le ministre a géré les preuves vidéo rendues publiques au cours de la controverse.

On craint de plus en plus que ce différend politique ne sape la confiance du public dans les dépenses militaires. Certains partenaires au sein de la coalition au pouvoir ont même suggéré de suspendre tout nouvel investissement dans la défense jusqu’à ce que ces irrégularités soient entièrement résolues.

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