La BCE envoie une lettre aux banques: ‘Trouvez le problème caché des crédits’

Isopix

La Banque centrale européenne (BCE) est de plus en plus préoccupée par une éventuelle vague de défauts de paiement. Elle a écrit à toutes les banques européennes afin de mieux identifier leurs clients à haut risque. ‘Les banques doivent avoir une meilleure idée de la santé financière de leurs emprunteurs’, indique le régulateur.

‘Quelque chose ne va pas’, s’inquiète Elizabeth McCaul, membre du conseil de surveillance de la BCE, sur le site de l’institution. ‘Le pourcentage de prêts à problèmes – « prêts non performants », prêts remboursés trop tard ou pas remboursés du tout – parmi les banques de la zone euro n’est que de 1,3 %, ce qui semble très faible.

‘Plus inquiétant, ce pourcentage est resté plus ou moins stable depuis mars, alors même qu’il devient de plus en plus évident que certains emprunteurs, notamment dans les secteurs les plus vulnérables, seront confrontés à des défis structurels plus fondamentaux qui auront un impact sur leur solvabilité’, ajoute-t-elle. ‘Peut-être que certaines banques sont trop optimistes dans leurs rapports officiels’, conclut-elle.

Transparence

Les banques ont, à juste titre, soutenu l’économie ces derniers mois en accordant des reports de paiement aux particuliers et aux entreprises, écrit le régulateur, mais certaines institutions ont perdu de vue la détérioration de la capacité de paiement de leurs clients-emprunteurs.

Selon McCaul, les bilans des banques en général ne donnent pas suffisamment d’informations sur deux aspects :

  • La détérioration de la qualité de crédit de leurs clients qui n’est pas liée à la pandémie.
  • Les changements structurels dans certains secteurs (tels que le tourisme et l’aérien) en raison de la pandémie, entraînant une augmentation des défaillances.

Lettre

La BCE demande donc par lettre à tous les PDG des banques d’être plus transparents sur leurs créances douteuses. Les banques devraient mettre en place les outils nécessaires pour identifier anticipativement les emprunteurs vulnérables et pour évaluer, mesurer et gérer le risque de crédit de manière proactive.

Ce qu’il faut éviter à tout prix, selon McCaul, c’est que les banques ne poussent une économie – déjà faible – encore plus profondément dans le gouffre, en ayant trop peu de réserves pour leurs mauvais prêts, et qu’elles ne se mettent donc elles-mêmes en difficulté.

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