Israël a facilement entamé sa campagne de vaccination. Arrive maintenant la partie la plus compliquée…

Après les incitants, Israël passe aux menaces: la vaccination doit continuer son train d’enfer – Mandatory Credit: Photo by ALEX KOLOMOISKY/UPI/Shutterstock (11762050c)

Israël est lancé dans une course contre la montre pour convaincre les derniers réticents à se faire vacciner.

L’État hébreu aura mis les moyens pour faire de sa campagne de vaccination une réussite. Financiers d’abord, en achetant par exemple le vaccin de Pfizer 50% plus cher que l’Union européenne. Logistiques ensuite, en mobilisant même les Ikea du pays. Coercitifs enfin, grâce à son passeport vert, qui autorise les vaccinés à entrer dans les bars, les salles de fitness ou les restaurants.

Malgré des données encourageantes, notamment sur l’efficacité du vaccin de Pfizer sur la propagation du virus, le pays craignait début mars une 4e vague et un nouveau confinement. Mais Israël semble avoir gagné sa première course contre la montre, comme le montre le nombre de contaminations par million d’habitants qui est enfin en baisse, avec 60% des Israéliens ayant déjà bénéficié d’au moins une dose de vaccin.

Les États-Unis (21,6%) et le Royaume-Uni (36,6%) sont aussi parvenus à faire baisser leur courbe, au contraire de l’Union européenne qui, pour le moment, passe à côté de sa campagne de vaccination. L’Italie se reconfine, la France pourrait suivre. Même la Belgique, épargnée jusque-là par une 3e vague, montre des signes inquiétants. Le résultat graphique est sans appel. Les courbes de l’UE et d’Israël se croisent.

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Un autre défi en vue

Israël ne se repose certainement pas sur ses lauriers. Il lui reste un autre défi à résoudre, une autre course contre la montre: convaincre les récalcitrants, avant que les nouveaux variants ne viennent enrayer une potentielle immunité collective.

‘Plus vous allez loin, plus ça devient difficile’, a expliqué le ministre israélien de la Santé Yuli Edelstein, dans une interview. ‘C’est exactement comme courir un marathon.’ Si 46% des Israéliens ont déjà bénéficié de deux doses, la cadence des vaccinations diminue. La campagne a culminé à 230.000 doses par jour mi-janvier pour arriver ces dernières semaines à 100.000 par jour.

Selon Gili Regev, directeur de la division d’épidémiologie du Sheba Medical Center, l’immunité collective ne sera pas atteinte, avec la présence du variant anglais, tant que 80% de la population ne sera pas vaccinée. Pour cela, il faudrait aussi vacciner les enfants de moins de 16 ans, ce qui n’est pas encore possible.

D’autres chiffres pointent que seulement 4% des Israéliens à qui le gouvernement proposerait le vaccin le refuseraient. Ce chiffre concerne donc les antivax purs et durs. Mais beaucoup ne se font pas vacciner par manque de temps, par manque d’intérêt (pourquoi se faire vacciner si on se sent en pleine santé), par procrastination ou simplement par refus d’obéir à l’establishment. Le Wall Street Journal a pu le constater sur place avec plusieurs témoignages.

Israël mène auprès d’eux une campagne de sensibilisation, notamment avec l’aide des cercles religieux. Le gouvernement lutte aussi contre les fake news sur les réseaux sociaux et brandit sa carotte: le fameux passeport vert qui permet de retrouver une vie normale.

Un avant-goût

Alors que l’Union européenne se démène avec le vaccin d’AstraZeneca, qui concentre tous les échecs de la gestion de la vaccination, cet exemple israélien nous montre que l’on n’est certainement pas au bout de nos peines. Les circonstances nous poussent à courir cette course comme un sprint alors qu’il s’agit d’un marathon.

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