Israël a déjà commencé à administrer la troisième dose du vaccin Pfizer

Le ministère israélien de la Santé a commencé à offrir une troisième dose du vaccin Pfizer contre le coronavirus aux adultes gravement immunodéprimés, première phase d’une expérience visant à administrer des injections de rappel aux personnes âgées et aux plus vulnérables. Mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’est pas favorable à l’introduction de ce que l’on appelle les « piqûres de rappel », car elle estime que l’accent doit être mis sur l’administration des premières doses aux personnes les plus vulnérables à travers le monde.

Pourquoi est-ce important ?

Au cours des deux prochaines années, la Belgique est assurée de recevoir 23 millions de doses supplémentaires du vaccin contre le coronavirus conçu par Pfizer et BioNTech. Une troisième dose, de rappel, génère des taux d'anticorps cinq à dix fois plus élevés qu'après la deuxième dose.

La décision de proposer des troisièmes doses à certaines personnes fait suite à une série de nouveaux cas en Israël, stimulés par la prévalence du variant Delta – hautement transmissible – identifié pour la première fois en Inde. Au cours du mois dernier, les taux d’infection en Israël sont passés de presque rien à plus de 400 par jour. L’État hébreu a été l’un des pays les plus rapides à vacciner en hiver, puis l’un des premiers à se déconfiner au printemps.

Hier, les patrons de Pfizer ont également rencontré les principaux responsables fédéraux de la santé aux États-Unis pour plaider en faveur de l’administration d’une troisième dose six à douze mois après l’administration du traitement à deux doses. Lors de cette réunion, les responsables de Pfizer ont donné un briefing similaire à celui qu’ils ont donné aux Européens au début du mois. La société a cité des données en provenance d’Israël montrant une augmentation des infections au sein de la population vaccinée. Elle a aussi évoqué des données provisoires de son essai sur l’injection de rappel montrant qu’une troisième dose stimule une réponse en anticorps beaucoup plus forte, cinq à dix fois plus élevée que le niveau observé après la deuxième dose.

« Nous aurons honte lorsque les pays commenceront bientôt à utiliser des doses précieuses pour des rappels »

Mais le débat sur les injections de rappel a également conduit à s’interroger sur l’éthique d’une telle démarche auprès des habitants des pays riches entièrement vaccinés, alors que la majorité du monde n’a pas encore reçu sa première dose. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a mis en garde les fabricants de vaccins.

« L’écart mondial en matière d’approvisionnement en vaccins est extrêmement inégal et injuste », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Au cours des derniers mois, les Nations unies ont mis en garde à plusieurs reprises contre l’aggravation de la pénurie mondiale de vaccins et ont exhorté les gouvernements à en faire davantage pour partager les doses et augmenter l’offre. Selon elles, la distribution inégale des doses est non seulement contraire à l’éthique, mais elle pourrait également faire durer la pandémie en prolongeant les mesures de confinement et en donnant au virus la possibilité de se propager et de muter dans les populations non vaccinées.

Mike Ryan, chef du programme d’urgence de l’OMS, a déclaré lundi: « Nous regarderons bientôt honteusement dans le passé si les pays commencent à utiliser des doses précieuses pour des rappels, à un moment où ailleurs des personnes vulnérables meurent encore sans vaccins ».

Mais chez Pfizer, on met en avant des données inquiétantes en provenance d’Israël. Quelques semaines seulement après avoir levé la plupart des restrictions, le gouvernement a rétabli l’obligation de porter un masque dans les espaces intérieurs et dans les transports publics. On s’attend à ce que l’Etat hébreu instaure des quarantaines plus strictes pour les voyageurs revenant de l’étranger et qu’elle relance le système du « passeport vert« , récemment abandonné, afin que seules les personnes vaccinées soient autorisées à accéder aux événements publics tels que les concerts et les projections de films.

L’Europe a déjà acheté 900 millions de doses supplémentaires

Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ont vendu des millions de doses à Israël l’année dernière, livrées dans des avions cargo qui ont été accueillis en fanfare à l’aéroport Ben Gourion par le Premier ministre israélien de l’époque, Benjamin Netanyahu. Pfizer considère Israël comme un test pour le déploiement des vaccins dans le reste du monde. Le pays dispose d’un système national de santé méticuleusement numérisé, qui sert de base à un accord de partage de données signé par le gouvernement israélien et le géant pharmaceutique.

Des études récentes montrent que le vaccin Pfizer reste efficace contre le variant Delta pour prévenir les hospitalisations et les maladies graves, bien qu’il ait aussi montré une baisse d’efficacité dans la prévention des cas plus légers.

Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a annoncé qu’il avait coordonné une livraison accélérée du prochain lot de doses Pfizer qui devait arriver le 1er août, permettant ainsi au pays de reconstituer ses stocks en baisse et de poursuivre sa campagne de vaccination.

Plusieurs pays d’Europe et d’ailleurs ont également déjà contacté Pfizer pour discuter au sujet des doses de rappel. La Commission européenne a récemment signé un nouveau contrat avec Pfizer et BioNTech pour l’achat de 900 millions de doses supplémentaires. Elles seront livrées au cours de la période 2021-2023. Le contrat prévoit également une option permettant de commander jusqu’à 900 millions de doses supplémentaires du vaccin. Pour les deux prochaines années, la Belgique est assurée de recevoir 23 millions de doses supplémentaires.

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