L’inflation, « c’est comme la météo, et j’ignore la météo »: voici ce que pense Charlie Munger de la situation économique actuelle

Le célèbre investisseur et milliardaire Charlie Munger a fait part de sa vision concernant la situation économique actuelle. Il a également expliqué ses philosophies d’investissement par rapport à l’inflation, l’énergie et la crypto.

Charles T. Munger, l’éternel acolyte de l’investisseur vedette Warren Buffett et vice-président de Berkshire Hathaway, vient d’investir (à titre privé) une somme dont le montant est resté secret dans une société d’investissement en Australie, du nom de Stonehouse Corporation. A cette occasion, il a pu livrer ses sentiments sur la situation que traverse l’économie mondiale au média australien Financial Review.

« L’inflation, j’en ai déjà vu passer »

Si le monde est actuellement préoccupé par l’inflation, qui affiche des taux qui n’ont pas été observés en plus de quarante ans dans les puissances économiques de l’Occident, elle ne fait pas peur à Charlie Munger. « J’en suis toujours conscient, mais cela ne m’empêche pas d’opérer », explique-t-il. « J’ai 98 ans et demi, et j’ai déjà vu passer beaucoup d’inflation. J’ai l’intention de survivre à celle-ci. J’en ai déjà vécu beaucoup au cours de ma longue vie. Cela ne me décourage pas. »

En tant qu’investisseur, il fait moins attention à ces éléments macro-économiques comme l’inflation, explique-t-il. « C’est comme la météo, et j’ignore la météo. J’essaie simplement d’investir le capital dont je dispose du mieux que je peux et de prendre les résultats comme ils tombent. Je saisis toutes les opportunités que je peux et j’espère avoir ma part. »

Cependant, il fait valoir que malgré les prix au rabais que la bourse offre en ce moment (et qui sont en partie dus à l’inflation, peut-on ajouter), Berkshire ne trouve pas d’élément intéressant à acheter. Et cela malgré le fait que les investisseurs injectent en ce moment beaucoup d’argent dans la société, pour qu’elle achète justement quelque chose.

Le pétrole, c’est oui…

Le nonagénaire continue ses considérations sur l’économie avec ce qu’il pense sur le pétrole et l’énergie. Pour le pétrole, il ne pense pas que le monde pourra s’en débarrasser de sitôt. Nous continuerons à en utiliser pendant de décennies encore, clame-t-il. « Je pense que nous allons utiliser les combustibles fossiles pendant longtemps encore parce que nous le devons… Nous n’allons pas nous débarrasser des combustibles fossiles, nous allons simplement en utiliser moins », estime-t-il.

Cette vision se reflète dans les investissements qu’opère Berkshire Hathaway. Depuis le début du conflit en Ukraine, la société a considérablement augmenté ses parts dans le groupe pétrolier Occidental Petroleum. Après un récent achat de 12 millions d’actions, la société détient désormais 18,7% du groupe pétrolier. Mais ce n’est pas le seul actif lié au pétrole dans son portefeuille : Berkshire Hathaway détient également un bon nombre de parts de Chevron, qui est son quatrième actif le plus important.

Mais il voit également les énergies renouvelables comme un élément important, pour un mix énergétique. « Et je pense aussi qu’une plus grande partie de la production d’électricité dans le monde proviendra des énergies renouvelables. Les deux choses vont se produire. »

… la crypto, c’est non

Il passe également les cryptomonnaies au crible. Son manque d’affinité pour les monnaies numériques est un fait établi, il les comparait par exemple à une MST en début d’année. Ici encore, il préconise de les éviter. « N’y touchez jamais. Ne les achetez jamais. Laissez-les passer. Je considère qu’il est presque insensé d’acheter ce genre de choses ou d’en faire le commerce. Je les évite tout simplement comme s’il s’agissait d’un égout à ciel ouvert, rempli d’organismes malveillants. Je les évite totalement et je recommande à tout le monde de suivre mon exemple », lance-t-il.

« Je pense que toute personne qui vend ce genre de choses est soit délirante, soit diabolique », ajoute Munger encore. « Je ne toucherai pas à la crypto. Je ne suis pas intéressé à saper les monnaies nationales du monde ». Pour lui, les cryptos ne valent rien, car elles ne reposent sur rien, contrairement aux actions des entreprises qui reposent sur la valeur de l’entreprise et sur ce qu’elle produit. Pour les défenseurs de la crypto, Munger (et Buffett qui ne lésine pas en superlatifs pour diaboliser la crypto non plus), n’a aucune idée de ce que sont les cryptomonnaies.

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