Dans la tête de Charlie Munger, l’éternel acolyte de Buffett: « Les cryptos sont une MST »

Les cryptos sont « une maladie sexuellement transmissible », les tensions entre les Etats-Unis la Chine sont stupides, la bourse est « un casino avec des gens saouls » et, même s’il y a des inégalités dans les distributions des richesses, « les critiques envers les ultra-riches sont de la jalousie. En résumé, Charles T. Munger trouve que l’économie est pleine d’excès, et appelle au calme. Explications.

Le célèbre investisseur de 98 ans est l’acolyte de Warren Buffett, avec qui il gère la société d’investissement Berkshire Hathaway (il est vice-président), le plus important fonds négocié en bourse du monde. Il est également dirigeant du Daily Journal Corp, groupe qui détient différents médias économiques et judiciaires en Californie et qui édite un software utilisé dans les tribunaux.

Au meeting annuel de Daily Journal, mercredi, il s’est donné aux questions des journalistes pendant deux heures. Au fil des questions, et des réponses surtout, l’on peut déceler la vision du monde et de l’économie qui prévaut dans la tête de le l’investisseur vétéran : dans un monde plein d’excès, il appelle au calme.

Il a abordé toute une série de sujets. Pour la Chine, il déplore le développement de tensions avec entre les Etats-Unis et le pays.

  • Il a toujours été un bull, optimiste, du marché chinois. Avec Berkshire, il mise sur le fabricant de voitures électriques BYD, et il a doublé le nombre de parts d’Alibaba récemment.
  • Il ne trouve pas que les récentes tensions entre les Etats-Unis et la Chine sont justifiées: ni parce que les deux pays ont des systèmes de gouvernement différents, ni car un pays ferait l’une ou l’autre chose mieux que l’autre.
  • « Nous souhaitons que la Chine et les États-Unis s’entendent mieux. Les Etats-Unis et la Chine ont été très stupides à laisser les tensions existantes s’accroître… Ils devraient nous apprécier et nous devrions les apprécier », clame-t-il, cité par Reuters.

Les cryptos, ce n’est vraiment pas sa tasse de thé.

  • Il n’a aucune pitié pour les devises numériques, et aurait espéré quelles soient interdites dès le début.
  • « Je suis fier de les avoir évitées. C’est comme une maladie sexuellement transmissibe », fustige-t-il. « Je considère simplement que c’est méprisable. Certaines personnes pensent que c’est la modernité, et elles accueillent favorablement une monnaie qui est si utile pour les extorsions et l’évasion fiscale ».

Il ne croit pas vraiment en une véritable meilleure distributions des richesses. Pour lui, les critiques contre les ultra riches sont de la jalousie.

  • « C’est dans la nature de notre espèce de regarder autour de nous, de regarder les autres, et de les envier s’ils ont plus que nous. Cette jalousie a toujours été un gros problème », explique-t-il dans une interview préalable à YahooFinance, média qui a également retransmis la conférence.
  • En mai dernier, il avait proposé une solution pragmatique contre les inégalités dans les distributions des richesses, lors du meeting annuel des actionnaires de Berkshire. L’économie en plein essor et la politique monétaire souple finiraient par réduire l’écart de richesse du pays, avait-il prédit.
  • Mercredi, il revient sur ses propos. « Bien sûr, l’inégalité ne disparaîtra jamais, tant qu’il y aura des êtres humains. Dans ma vie personnelle, j’ai banni la jalousie et je recommande à tous les autres de le faire. »

Concernant certaines pratiques des marchés boursiers, il ne change pas d’avis. Pour lui, les échanges à court terme, cela restent des paris.

  • « C’est une activité idéale pour un salon de jeux », analyse-t-il, en ajoutant que moins d’investisseurs devraient considérer la bourse comme un casino, relève CNBC.
  • Au sein de la même bourse se trouvent des investisseurs qui cherchent des investissements à long terme pour construire leur richesse, et d’autres qui sont intéressés par des gains à court terme. S’il était « dictateur pour un jour », il séparerait ce « mariage ».
  • Trop d’actions sont en circulation : « Lorsque j’étais à la Harvard Law School, nous échangions rarement un million d’actions en une journée ; aujourd’hui, nous en échangeons des milliards. Nous n’avons pas besoin d’un marché boursier aussi liquide ».
  • Pour réduire cette liquidité, il verrait bien un impôt spécifique sur les gains à court terme, pour ainsi motiver les actionnaires à garder leurs actions plus longtemps. Ceci, dans « son monde idéal ».
  • Cette liquidité et la facilité d’achat et de revente (notamment via des applications pour des traders en herbe) ont créé « des excès misérables et un danger pour le pays ». Tout cet argent qui circule en une seule journée, c’est comme des personnes saoules à une fête, qui ne pensent pas aux conséquences ».
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