Inclusion du gaz et du nucléaire comme énergies vertes en Europe: « Nous sommes très proches d’un accord »

Au-delà du débat belge, il se joue actuellement un énorme enjeu au niveau européen. Le gaz et le nucléaire feront-ils partie de la nouvelle taxonomie européenne qui les classerait comme énergie verte ? Des milliards de subsides sont en jeu dans le cadre du Green Deal qui doit aider à financer la transition énergétique de l’Union européenne.

Dans ce combat bien plus que sémantique s’opposent la France et l’Autriche qui ont entrainé toute une série de pays dans leur sillage. La France, une puissance nucléaire de longue date, peut compter sur le soutien des pays d’Europe de l’Est.

Pour eux, passer du charbon aux énergies renouvelables est un pas trop grand. Ils sont demandeurs de longue date d’intégrer l’énergie nucléaire et même le gaz comme énergie de transition au sein du Green Deal. Pour eux, il s’agirait d’une étape intermédiaire plus accessible. La Commission européenne semble être de leur côté.

Dans un entretien accordé ce weekend au quotidien allemand Die Welt, le Commissaire au Marché intérieur, le Français Thierry Breton, estime que « nous sommes très proches de la finalisation de notre travail sur l’acte délégué [de la taxonomie] qui inclura à la fois le gaz et le nucléaire ».

« Nous allons avoir besoin d’encore dix jours ou deux semaines pour des consultations [avec les États]. J’espère que nous serons en mesure de présenter notre proposition finale mi-janvier », a-t-il expliqué.

« Il faut être pragmatique »

Si l’inclusion du nucléaire, peu émetteur de CO2, fait déjà débat, l’attention européenne se porte surtout sur le gaz, notamment le gaz russe dont dépend 40% à 45% des importations européennes.

Pour Thierry Breton, « le gaz n’est certainement pas idéal pour parvenir à la neutralité carbone de l’UE, mais c’est quand même mieux que le charbon ». Et d’ajouter : « Il faut être pragmatique: nous aurons besoin à la fois du gaz et du nucléaire pour concrétiser nos objectifs climatiques pour 2030 et 2050. »

Aux Allemands, dont la sortie complète du nucléaire est imminente et qui se rangent logiquement du côté de l’Autriche, le Commissaire lance un message: « Si vous ne voulez pas vous-même du nucléaire, vous ne pouvez pas rester idéologiquement intransigeant (…). Il est important que nous parlions avec tout le monde pour trouver une solution acceptable pour tous ».

À la sortie du sommet européen de jeudi dernier, Charles Michel, le président du Conseil européen, a affirmé qu’un compromis entre les 27 « était pour l’instant impossible ». La Belgique ne devrait pas attendre la décision européenne pour faire son choix sur une éventuelle sortie du nucléaire en 2025. Mais nul doute que la discussion est dans toutes les têtes. Georges-Louis Bouchez (MR), en faveur du maintien du nucléaire, n’a pas manqué de reprendre cette information pour appuyer ses arguments. Les écologistes lui répondront sans doute que le gaz – alternative au nucléaire belge – fait lui aussi partie du package.

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