Gazprom verse également des dividendes : le Kremlin recevra bientôt 10 milliards de dollars

Le Kremlin recevra quelque 10 milliards de dollars de dividendes du géant public russe de l’énergie Gazprom, après que la société a enregistré des bénéfices records au premier semestre de l’année. Cela pourrait constituer un coup dur pour l’Occident, qui tente de porter atteinte à l’économie russe depuis le début de la guerre en Ukraine.

Le gouvernement russe détient une participation de 50,2% dans Gazprom, ce qui signifie qu’il recevra environ la moitié des dividendes. Gazprom versera un total de quelque 20 milliards de dollars aux actionnaires, soit l’équivalent de quelque 1.200 milliards de roubles. Les parties prenantes se réuniront le 30 septembre pour approuver le paiement.

La nouvelle a été annoncée après que Gazprom a publié mardi les chiffres de ses bénéfices pour le premier semestre. La société se porte bien : de janvier à juin, elle a enregistré un bénéfice monstrueux de 2,5 billions de roubles, soit près de 42 milliards de dollars.

Il s’agit d’une augmentation de plus de 150% par rapport à la même période en 2021, lorsque Gazprom a réalisé un bénéfice d’un peu moins de mille milliards de roubles. Après l’annonce de ces chiffres, les actions du géant gazier ont grimpé de quelque 25%. Cependant, ils sont encore beaucoup plus bas qu’avant la guerre en Ukraine. Après le début de la guerre, la valeur des actions de Gazprom s’est effondrée. Le prix a chuté d’environ 40% en quelques semaines, avant le début de la guerre et pendant les premiers jours de l’invasion.

Sanctions

Si les dividendes sont versés, cela pourrait saboter en partie les tentatives de l’Occident de frapper l’économie russe. Ces sanctions étaient destinées à limiter les moyens du Kremlin pour faire la guerre. L’Occident, et l’Europe en particulier, subissent maintenant eux-mêmes de nombreux dommages économiques en raison des sanctions, ce qui fait craindre que, si l’économie russe n’est pas frappée assez durement, le soutien des puissances européennes à l’Ukraine pourrait diminuer.

Après tout, l’Europe est confrontée à un hiver particulièrement rigoureux. Les prix du gaz et de l’énergie, qui ont atteint un niveau sans précédent, obligent les pays européens à prendre des mesures pour réduire leur consommation d’énergie. Après tout, avant la guerre, près de la moitié de tout le gaz importé en Europe venait de Russie. Le pays a également exporté d’énormes quantités de pétrole vers le continent, qui prévoit d’imposer un embargo sur l’or noir russe à partir de décembre.

Sources alternatives

Si l’Europe est prête à renoncer au pétrole russe, il est plus difficile de se débarrasser du gaz naturel. La Russie n’est que trop désireuse de profiter de ce fait, en limitant sévèrement, en juillet, la quantité de gaz passant par l’important gazoduc Nord Stream 1 vers le continent. La Russie prétend que des problèmes techniques sont à l’origine du problème, mais l’Europe affirme que Poutine utilise le gaz comme une arme pour faire pression sur le continent.

C’est pourquoi le continent cherche d’autres fournisseurs de cet important combustible fossile. Entre autres, les États-Unis, l’Algérie, le Canada et le Qatar pourraient alléger la pression sur le marché européen de l’énergie. Pendant ce temps, l’Europe construit des terminaux gaziers flottants pour recevoir le gaz de ces pays. Mais selon certains experts, cela pourrait rendre l’Europe dépendante des combustibles fossiles à long terme, ce qui freinerait les ambitions climatiques du continent.

(CP)

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