Des chercheurs belges découvrent un des secrets des dinosaures pour courir plus vite

En reproduisant la démarche d’un des premiers dinosaures, des scientifiques ont compris que ceux-ci utilisaient une partie de leur corps insoupçonnée lorsqu’ils couraient: la queue.

A l’aide de scanners d’os, des chercheurs du Royal Veterinary College de Londres et de la KU Leuven ont effectué une simulation 3D de la course d’un Coelophysis, un dinosaure bipède ((1 mètre de haut pour 20 kilos) qui a vécu il y a environ 200 millions d’années.

Grâce aux nombreux squelettes complets et incomplets retrouvés et étudiés, cette espèce était déjà relativement bien connue des scientifiques. De multiples analyses qui ont permis d’en apprendre énormément sur l’anatomie des dinosaures en général.

« Comme les bras des humains »

Toutefois, l’équipe de chercheurs a été surprise par ce qu’elle a découvert à l’occasion de sa simulation 3D. Elle s’est aperçu que le dinosaure étudié utilisait sa queue avec un mouvement de balancier pour se frayer plus rapidement un chemin dans les broussailles. Celle-ci rendait ses mouvements « plus économiques et réalisables », selon le responsable de l’étude, Peter Bishop.

Jusqu’à présent, les chercheurs pensaient que les dinosaures bipèdes avaient avant tout une longue queue pour compenser le poids de leur tête, et qu’elle n’était qu’une extension rigide du bassin. Ils comprennent maintenant que le fait de la balancer réduisait activement l’effort musculaire nécessaire pour se propulser vers l’avant, ce qui leur permettait de courir plus vite.

« Nous ne nous concentrions pas vraiment sur la queue et nous ne faisions certainement pas de prédictions ou d’attentes sur ce que nous verrions avec la queue », a déclaré le Dr Bischop, interrogé par ABC Radio Brisbane. « Dans les études précédentes, et je suis coupable de cela aussi, nous avons simplement supposé que la queue était une partie assez statique du corps, qu’elle était juste un contrepoids qui dépassait des hanches vers l’arrière pour équilibrer l’animal à l’avant et qu’elle n’avait pas vraiment d’importance pour la locomotion.

« Il y a d’autres parties du corps qui contribuent à la locomotion et cela montre bien que nous devons considérer comment l’animal fonctionne dans son ensemble et comment les différentes parties du corps se coordonnent pour produire le mouvement », a-t-il commenté.

Le responsable de l’étude a comparé ce mouvement de queue au mouvement de bras des humains lorsqu’ils courent, pour contrebalancer le mouvement des autres parties du corps. « Ce n’est pas comme un chien qui remue la queue quand il est excité. C’est un remuement modeste, mais il est très précisément synchronisé avec le balancement des jambes en avant et en arrière », a-t-il précisé.

« Espérons que les cinéastes en tiendront compte »

Cette découverte sur le Coelophysis devrait être applicable à de nombreuses autres espèces de dinosaures bipèdes, estime le Dr Bischop. Y compris le fameux Tyrannosaurus Rex, dont il est un cousin éloigné. Mais cette première étude a d’abord été effectuée sur le Coelophysis car il est bien plus ancien.

« En étudiant Coelophysis, nous nous rapprochons de la compréhension de ce qui est ancestral pour les dinosaures, en particulier les dinosaures bipèdes », s’est réjoui le chercheur.

Parmi les répercussions que pourrait avoir cette découverte aujourd’hui – en dehors du champ de la paléontologie – il y a la robotique. En effet, voir la queue des dinosaures sous un autre angle pourrait permettre de concevoir des robots plus efficaces.

Enfin, le Dr Bischop espère que la découverte de son équipe sera entendue par le monde du cinéma. « Lorsque Jurassic Park a été réalisé en 1993, les animateurs ont consulté des paléontologues et ils ont essayé de représenter les animaux avec le plus grand degré de précision possible, sur la base de ce que nous savions à l’époque », a-t-il rappelé. « Et, bien sûr, notre compréhension a progressé au cours des presque trois décennies qui se sont écoulées depuis, et j’aimerais penser que les animateurs qui réalisent de nouveaux documentaires et films continuent d’essayer d’intégrer les dernières connaissances scientifiques, pour présenter au public … notre meilleure compréhension de la façon dont ces animaux se déplaçaient. »

Les recherches entourant cette découverte ont été publiées dans la revue Science Advances.

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