Principaux renseignements
- La Serbie envisage de mettre fin à l’exemption de visa pour les Russes afin d’accélérer son intégration à l’UE.
- Les risques économiques liés à la perte de revenus touristiques et d’investissements compliquent ce revirement diplomatique.
- L’incapacité à s’aligner sur Bruxelles menace 1,5 milliard d’euros de financements européens essentiels.
Dans le but d’accélérer son intégration dans l’Union européenne, les responsables serbes envisagent la possibilité de mettre fin à l’exemption de visa actuellement accordée aux ressortissants russes. Dragan Stanojević, qui préside la commission parlementaire chargée de la diaspora et des Serbes de la région, a révélé que des délibérations internes étaient en cours pour aligner la législation nationale sur les normes de l’UE.
Alignement sur Bruxelles
Ce changement politique potentiel s’inscrit dans l’objectif plus large de Belgrade de synchroniser son approche diplomatique avec celle de Bruxelles. Alors que certains rapports suggèrent que ces changements pourraient être finalisés d’ici fin 2026, Stanojević a indiqué que la transition devrait probablement avoir lieu six mois avant l’entrée officielle dans l’UE.
Il a toutefois averti que l’adhésion à part entière restait un objectif lointain, laissant entendre que les négociations pourraient ne pas aboutir rapidement.
Une suppression qui n’irait pas sans pertes financières
Les préoccupations économiques sont au cœur de ces discussions, les députés mettant en garde contre le fait que restreindre l’accès des Russes pourrait déstabiliser l’économie nationale. La Serbie étant fortement dépendante des investissements et du tourisme russes, la suppression de l’exemption de visa pourrait entraîner des pertes financières importantes. Par conséquent, le gouvernement tente de trouver un équilibre entre le respect des exigences de l’UE et la préservation de ses liens économiques régionaux.
Adopter les règles européennes en matière de visas d’ici fin 2026
L’accord actuel sur les voyages, conclu en juillet 2009, permet aux citoyens russes et serbes de séjourner jusqu’à un mois sans visa. Alors que la Serbie cherche à adhérer à l’UE depuis 2009 et est devenue candidate en 2012, le ministère des Affaires étrangères s’est fixé pour objectif d’adopter pleinement la réglementation européenne en matière de visas d’ici fin 2026.
Au milieu de ces pressions diplomatiques, des articles de Politico soulignent que les liens étroits de la Serbie avec Moscou pourraient compromettre environ 1,5 milliard d’euros de financement européen. Parallèlement, sur le plan de la sécurité, les services de renseignement militaire serbes ont nié toute implication ukrainienne dans un complot visant à détruire un gazoduc stratégique à destination de la Hongrie, affirmant au contraire qu’un migrant utilisant des explosifs américains en était responsable. (fc)
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