Dans une église, Trump dévoile son propre plan pour la police : ‘Les policiers doivent dominer les rues’

De Amerikaanse president Donald Trump. - EPA
Donald Trump. – EPA

Le président américain a dévoilé jeudi quelques propositions pour une révision des lois sur le maintien de l’ordre. Il a déclaré qu’il ne soutiendrait pas de ‘propositions radicales’ en réponse aux protestations contre les violences policières provoquées par le meurtre de George Floyd.

C’est dans une église (encore) au Texas dans le cadre d’un événement de campagne électorale que Trump a décidé de lâcher quelques indications modestes sur un prochain décret sur les forces de l’ordre. Il a déclaré que celui-ci conseillerait aux services de police d’adopter des normes nationales pour l’utilisation de la force. Son administration soutiendrait également ‘une meilleure formation pour la police et des programmes pilotes pour les travailleurs sociaux afin qu’ils travaillent aux côtés des agents de la force publique’.

Sans réelle surprise, Trump va donc à l’encontre totale du mouvement ‘Defund the police’ qui demande de réduire les budgets pour les services de police et de les redistribuer vers des programmes d’éducation et d’aide sociale. Un mouvement qui a reçu gain de cause à Minneapolis, où a été tué George Floyd.

Le syndrome du bunker

Trump a ainsi martelé plusieurs fois soutenir la police et que le pays ‘ne progresserait pas en qualifiant de racistes des millions d’Américains’. Il élude donc une nouvelle fois les problèmes de racisme systémique aux États-Unis, s’enfermant dans son bunker physique ou mental, selon l’actualité. Twitter s’en donne d’ailleurs à coeur joie, ayant renommé le président par le hashtag #BunkerBoy…

‘Ces derniers jours, il y a eu un débat vigoureux sur la façon de garantir l’équité, l’égalité et la justice pour tous nos peuples’, a déclaré Trump lors de son meeting à Dallas. ‘Malheureusement, certains essaient d’alimenter la division et de promouvoir un programme extrême – que nous ne voulons pas – qui ne fera qu’accroître la pauvreté, la criminalité et la souffrance. Cela inclut des efforts radicaux pour défaire, démanteler et dissoudre la police’, a-t-il ajouté.

‘Les policiers doivent dominer les rues’

Donald Trump ne proposera donc aucune solution ‘radicale’ demandée par les manifestants, alors qu’il menaçait lui-même il y a dix jours de déployer l’armée pour réprimer les manifestations dans tout le pays. Une réponse extrême désavouée depuis par de nombreux officiels Américains. Jeudi, il a encore répété que la police devrait pouvoir utiliser la force… Mais que celle-ci devrait être ‘une force avec compassion’. Un discours pour le moins incohérent.

‘Les policiers doivent encore dominer les rues’, a-t-il encore ajouté, alors que certaines images ont montré des comportements particulièrement violents de la part de la police. Un militant pacifique de 75 ans a ainsi été gravement blessé après avoir été poussé par des forces de l’ordre. Les deux agents ont été temporairement suspendus, alors que Trump évoque dans un tweet un possible ‘coup monté’ du mouvement antifa. L’indignation publique monte devant cette énième théorie du complot infondée… Et, surtout, un cruel manque de ‘compassion’.

En attendant, Trump prépare sa révision des lois sur le maintien de l’ordre ‘le plus tôt possible’, a déclaré le chef de cabinet de la Maison Blanche, Mark Meadows. Il n’a pas identifié de propositions politiques spécifiques, mais affirmé que le président était prêt à travailler avec les législateurs sur cette question.

Les démocrates et les républicains sont ici une fois de plus en dissonance. Les premiers, au Congrès, avancent avec une législation de réforme qui pourrait être votée d’ici le 4 juillet à la Chambre des représentants. Les seconds, qui contrôlent le Sénat, travaillent sur une proposition séparée et retardée. Mais les frontières se brouillent, des républicains au Congrès ayant déjà indiqué qu’ils soutiendraient certaines mesures proposées par les démocrates. Sont notamment visées l’interdiction de dispositifs d’étranglement et l’élimination de ‘l’immunité qualifiée’, qui aide les officiers à échapper aux poursuites en matière de droits civils.

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