Comment Tesla est parvenu à surmonter la pénurie de puces, contrairement à d’autres constructeurs

2021 a été une année record pour Tesla. En plus d’avoir passé la barre symbolique des 1.000 milliards de capitalisation boursière, le constructeur automobile a livré davantage de véhicules qu’au cours de l’année précédente, et ce, malgré une pénurie mondiale de puces électroniques indispensables aux voitures modernes, électriques ou non. Comment y est-il arrivé ?

Tesla aurait fabriqué pas moins de 80% de véhicules supplémentaires au cours de l’année écoulée par rapport à 2020, selon les prévisions d’analystes. La société aurait ainsi atteint un rythme de croissance annuelle de production jamais atteint depuis 2018, affirme le Wall Street Journal. Des résultats très impressionnants pour l’entreprise, d’autant plus le contexte actuel. La pénurie mondiale de semi-conducteurs et les problèmes de chaines d’approvisionnement ont en effet mis l’industrie automobile, dont Tesla, à rudes épreuves. Mais la firme d’Elon Musk est parvenue à maintenir ses lignes de production grâce à son expertise en ingénierie logicielle qui lui a permis de mieux s’adapter à la situation, selon plusieurs dirigeants et consultants de l’industrie.

Réécrire ses logiciels

Plus tôt cette année, Elon Musk a en effet indiqué que Tesla avait procédé à des modifications logicielles, afin d’intégrer des puces alternatives dans ses véhicules. De cette manière, le constructeur automobile a pu se procurer davantage de semi-conducteurs et éviter d’avoir des lignes de production à l’arrêt, faute de puces.

La jeunesse de Tesla, un avantage

Pour les dirigeants et consultants de Semiconductor, la force de Tesla repose sur le fait que la société est encore assez jeune. Elle conçoit ses véhicules à partir de zéro ce qui lui offre une marge de manœuvre confortable en cas de pénurie de l’un ou l’autre composant, contrairement aux constructeurs établis depuis de nombreuses années. Ces derniers ne font en effet qu’ajouter des pièces ou modifier certains aspects de modèles déjà existants.

Par ailleurs, le fait que Tesla soit une entreprise automobile exclusivement électrique fait qu’elle est enracinée dans cette technologie. Elle peut donc mieux s’adapter en cas de problèmes que les constructeurs automobiles traditionnels.

Une proximité utile

Le Wall Street Journal souligne également le fait que le constructeur dispose d’une meilleure visibilité sur la chaine d’approvisionnement en raison du fait que Tesla a opté pour une fabrication de composants de véhicules en interne et que l’entreprise a noué des relations étroites avec des sociétés de semi-conducteurs, bien avant le début de la pénurie. Là où les constructeurs traditionnels délèguent à leurs fournisseurs la tâche de s’assurer de l’approvisionnement en puces.

Pas totalement épargné

Mais si l’entreprise est parvenue à maintenir ses objectifs de production pour l’année 2021, Tesla n’a pas été épargné par la pénurie mondiale de puces. Plusieurs de ses usines ont tourné en dessous de leur capacité au début de l’année et l’une d’entre elles a brièvement été fermée.

Cette pénurie a surtout eu un impact sur le déploiement de nouveaux modèles de Tesla. Le très attendu Cybertruck a vu son développement ralentir, de sorte que le premier SUV de la marque ne devrait pas entrer en production avant 2022-2023.

À l’échelle mondiale, les attentes de la production automobile globale ont chuté de 9%, selon le cabinet de conseil AlixPartners LLP, en raison du manque de semi-conducteurs. Une situation qui devrait pousser les principaux constructeurs automobiles traditionnels à concevoir leurs propres puces d’ici 2025, selon le cabinet d’études Gartner Inc.

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