Comme prévu, les locations Airbnb se sont effondrées à Paris

Le site de location à court terme n’a plus la cote dans les grandes villes. Car celles-ci légifèrent de plus en plus pour lutter contre les abus. Paris, en particulier, n’est plus aussi appréciée qu’avant sur la plateforme. Et les locataires semblent avoir un urgent besoin de campagne.

Avec la levée progressive des restrictions sur les voyages à l’étranger, nous sommes nombreux à vouloir changer d’air. Et pour ça, un petit city trip est toujours autant bienvenu que facile à organiser: il suffit de trouver le logement de son choix sur Airbnb. Sauf que dans la ville la plus visitée d’Europe, Paris, cela va devenir plus compliqué. Les propriétaires parisiens souhaitant louer sur Airbnb doivent dès jeudi obligatoirement renseigner un numéro d’enregistrement obtenu auprès de la mairie de la ville. Une première mesure de ce genre avait été prise en février dernier, mais elle ne concernait à l’époque que les logements nouvellement inscrits sur la plateforme.

Cette nouvelle mesure a pour but explicite de lutter contre les reproches que les grandes villes touristiques font régulièrement à Airbnb : faire monter les prix de l’immobilier, et causer des nuisances typiquement touristiques dans des quartiers supposés résidentiels. Face à ces accusations, Airbnb préfère collaborer avec les villes et adopte un message de « tourisme responsable ». Au grand déplaisir de certains propriétaires, pour qui l’absence de règle était bien plus rentable. Certains ont saisi la justice auprès de la Cour européenne de Justice en février dernier, mais celle-ci a validé les réglementations mises en place par la ville de Paris : seuls les logements à usage principal peuvent être loués sur Airbnb, et pas plus de 120 jours par an. La seule dérogation pour les propriétaires était de modifier l’usage de leur résidence secondaire en surface commerciale, ce qui engendre des taxes, et permet à la ville de contrôler la concentration de logements proposés sur la plateforme dans chaque quartier, afin de garder des logements disponibles pour locataires ordinaires.

Si l’homologation obligatoire de chaque logement à louer ne concerne pour l’instant que Paris, Airbnb va étendre cette mesure à Bordeaux fin juillet, à Lyon à la rentrée, puis à Lille, Marseille, Nantes, Nice, Strasbourg et Toulouse d’ici la fin de l’année.

Taxes et surcoûts

Ces nouvelles règles engendrent des coûts supplémentaires qui cassent l’attractivité de Airbnb à Paris, les propriétaires voulant rentrer dans leurs frais. Et le nombre de réservations s’en ressent : alors que la Ville Lumière faisait l’objet de la grande majorité des recherches sur le site, elle ne représente maintenant plus que 10% des demandes de location !

Il faut dire que le Covid est passé par là lui aussi, et il a suscité un certain rejet des centres urbains surpeuplés : selon Airbnb, les réservations en milieu rural ne représentaient que 24% des demandes à l’été 2019. Un chiffre qui atteint maintenant les 45%. Dont sans doute pas mal de Parisiens qui préfèrent se mettre au vert.

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