Cathie Wood dézingue la Fed: « Ses mesures politiques pourraient provoquer une crise économique et financière »

La Fed est sur le fil : d’un côté, elle doit combattre l’inflation en relevant les taux d’intérêt, de l’autre côté, elle pourrait provoquer une récession en tirant trop brusquement sur le frein à main. Depuis le début de la semaine, dans l’attente de la décision de la Fed, les marchés sont dans la tourmente et perdent des plumes. Pour Cathie Wood, investisseuse vedette, c’est un signe clair qu’une hausse des taux va provoquer une crise économique et/ou financière.

Les bourses sont en baisse depuis le début de la semaine. Comme depuis le début de l’année, les valeurs technologiques sont celles qui enregistrent les plus fortes pertes. En cause : l’inflation, et surtout la réponse que la Fed y apporte – la hausse (potentiellement drastique) des taux d’intérêt. Cette perspective nuit aux actions des entreprises de la tech, qui sont souvent plus risquées et plus spéculatives, et qui n’engendrent pas toujours des profits. En temps de crise, les investisseurs les évitent. La courbe de rendement des obligations s’inverse avec de meilleurs taux à plus long terme, depuis le début de l’année.

Pour Cathie Wood, gestionnaire de fonds qui est touchée par cette perte en valeur car sa société, Ark Invest, mise avant tout sur les nouvelles technologies, cette baisse devrait être un signal d’alarme. Avec le serrage de vis sous forme d’une hausse des taux d’intérêt, la Fed pourrait provoquer une crise économique et financière, lance l’investisseuse vedette.

« Les actions et les obligations semblent avertir la Fed que ses mesures politiques pourraient provoquer une crise économique et/ou financière : les actions se pâment et la courbe des taux est presque en territoire négatif », s’exprime-t-elle sur Twitter.

Ses dires font écho à un rapport de la Deutsche Bank, qui prévoit l’arrivée de la récession aux Etats-Unis. La banque d’investissement estime que la Fed devra augmenterplusieurs fois ses taux de 0,5% pour arriver à freiner l’inflation. Une telle hausse freinerait alors l’activité économique, car prêter de l’argent coûtera beaucoup plus cher.

Le problème du dollar

Cathie Wood voit également un deuxième élément comme un avertissement : la montée en puissance du dollar, et l’impact que cela a sur l’économie mondiale. L’indice du dollar a augmenté de 7,44% depuis le début de l’année, et il atteint désormais 103,10, rapporte Business Insider. Cet indice compare le dollar à un ensemble d’autres devises. L’euro, de son côté, est en chute, ce qui creuse encore le fossé.

« Une autre mesure suggère que la politique de la Fed est déjà trop restrictive : le dollar. Contre toute attente, le dollar a augmenté de plus de 13% par rapport à son niveau le plus bas de l’année dernière, ce qui constitue un véritable fardeau pour les marchés émergents et autres marchés dont la dette est libellée en dollars, et une puissante force déflationniste », continue Cathie Wood sur Twitter.

La Fed cependant ne semble pas prête à entendre ces critiques. Depuis le début de l’année, les marchés flanchent et différents investisseurs appellent à ne pas relever les taux, ou pas trop. Cependant, l’inflation continue son envolée, les différents responsables de la Fed indiquent régulièrement que leur mission est de la freiner, et qu’ils vont continuer à augmenter les taux. La prochaine rencontre aura lieu la semaine prochaine, le 3 et 4 mai. Une nouvelle hausse, probablement de 0,5 point de pour cent, devrait être annoncée.

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