Boris Johnson ne croit pas aux ‘prophéties de malheur’ pour le Royaume-Uni

Comme c’était attendu, Boris Johnson a indiqué qu’il n’est ‘pas nécessaire qu’un accord de libre-échange implique l’acceptation des règles de l’Union européenne’, préférant un accord de libre-échange à l’instar du Canada.

Le Premier ministre britannique a surtout menacé de potentiellement revenir aux termes de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) si les leaders européens refusent de signer un accord de libre-échange de type canadien. Dans le cadre de l’accord UE-Canada, les droits de douane sur la plupart des marchandises ont été supprimés entre les deux pays, bien qu’il y ait encore des contrôles douaniers et de la TVA.

Boris Johnson a ainsi rejeté l’obligation pour le Royaume-Uni d’adopter les règles de Bruxelles ‘sur la politique de concurrence, les subventions, la protection sociale, l’environnement ou tout autre sujet similaire, pas plus que l’UE ne devrait être obligée d’accepter les règles britanniques’. Il a ajouté qu’il cherchera à obtenir ‘un accord pragmatique sur la sécurité, protégeant nos citoyens sans empiéter sur l’autonomie de nos systèmes juridiques respectifs’.

Le mot interdit

Lorsque la BBC lui a demandé s’il acceptait que quitter l’UE sans accord commercial global puisse avoir un coût important pour les emplois et les entreprises, Boris Johnson a affirmé: ‘nous avons un accord, c’est une bonne affaire, nous sommes dehors. Quand j’entends des prophéties de malheur que j’ai déjà entendues, je n’y crois pas.’

On notera également qu’en une demi-heure de discours, le Premier ministre britannique n’aura pas mentionné une seule fois le Brexit, mot désormais proscrit de son vocabulaire. ‘Ce n’est pas interdit, c’est simplement fini’, a-t-il affirmé. ‘Ça s’est produit, c’est comme le Big Bang ou la conquête normande, ça s’éloigne, c’est derrière nous dans l’histoire’, a-t-il ajouté, décidément bien inspiré.

Des conditions de concurrence équitables

De son côté, le négociateur de l’UE Michel Barnier plaidait pour une vision relativement opposée à celle du Premier ministre britannique, dans un discours prononcé à Bruxelles.

Il a déclaré que l’UE était prête à proposer un ‘accord commercial très ambitieux en tant que pilier central de ce partenariat’, qui comprendrait des droits de douane et des quotas nuls… En fonction de la volonté du Royaume-Uni, puisque cela dépend de son acceptation de ‘garanties spécifiques et efficaces pour assurer des conditions de concurrence équitables’.

Il a également ajouté que les marchandises entrant dans l’Union ‘seront soumises à des contrôles réglementaires’ et que les entreprises doivent donc ‘s’adapter dès maintenant à cette nouvelle réalité’. Bienvenue dans l’ère post-Brexit, le mot qu’il ne faut pas prononcer outre-Manche.

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