Boris Johnson choisit la souveraineté britannique plutôt que l’économie

Plusieurs informations économiques publiées cette semaine brossent un tableau sombre de l'économie britannique, avec les élections et le Brexit à venir.
Boris Johnson – EPA-EFE/ANDREW MATTHEWS

Le Premier ministre du Royaume-Uni Boris Johnson s’apprête à poser des conditions strictes de négociation pour la future relation avec l’Union européenne. Dans un discours prévu ce lundi, il devrait assurer que son pays va prospérer, même sans un accord commercial étroit avec l’UE.

Boris Johnson devrait se servir de son discours du jour pour faire passer le message suivant: selon lui, le Brexit signifie que la souveraineté britannique l’emporte sur l’économie. Selon une source proche du PM citée par Reuters dimanche, M. Johnson estime que le résultat des dernières élections légitime sa politique qui place le droit du Royaume-Uni à fixer ses propres règles au-dessus des exigences des entreprises, notamment en matière de libre-circulation des marchandises. Ses ministres auraient informé ces dernières qu’elles allaient devoir s’adapter à un tel avenir, affirme l’agence de presse.

‘Pas nécessaire qu’un accord de libre-échange implique l’acceptation des règles de l’UE’

Le Premier ministre britannique s’apprête donc à durcir le ton dans les négociations avec l’UE. Il devrait même affirmer que son pays n’a pas l’intention d’adhérer aux règles et réglementations de l’Union. Selon une source gouvernementale anonyme, ce dernier point est une réponse à la volonté supposée de l’UE de vouloir conditionner l’accès à son marché de 450 millions de personnes au respect de ses normes par les Britanniques.

‘Il n’est pas nécessaire qu’un accord de libre-échange implique l’acceptation des règles de l’UE en matière de politique de concurrence, de subventions, de protection sociale, d’environnement ou de toute autre chose similaire, pas plus que l’UE ne devrait être obligée d’accepter les règles britanniques’, va donc déclarer Boris Johnson, selon des extraits de son discours distribués par son cabinet et relayé par Reuters. Il promettra cependant de maintenir ‘les normes les plus élevées’.

Canada ou Australie

‘Nous avons fait notre choix: nous voulons un accord de libre-échange, similaire à celui du Canada’, précisera-t-il encore. ‘Mais dans le cas très improbable où nous ne réussirions pas, alors notre commerce devra être basé sur notre accord de retrait existant avec l’UE.’

‘Le choix n’est absolument pas ‘deal ou no-deal’’, va-t-il pourtant assurer. ‘La question est de savoir si nous acceptons une relation commerciale avec l’UE comparable à celle du Canada – ou plus proche de celle de l’Australie’. Les relations commerciales entre l’UE et l’Australie sont pour l’instant principalement régies par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec des accords spécifiques sur certains produits. Un accord plus large est toutefois en cours de négociation.

Union européenne et Royaume-Uni ont jusqu’à la fin de l’année pour parvenir à un accord sur leur future relation. Ce que les deux parties disent vouloir faire, mais sous des conditions très différentes. Les négociations débuteront en mars prochain.