Bénéfice net en baisse au second trimestre, l’occasion pour Google de revoir ses priorités

Cette semaine est décisive pour les investisseurs. Au programme : mise à jour de la stratégie de la Fed pour contrer l’inflation, chiffres de la croissance américaine, mais également les résultats trimestriels pour les Big Tech. Des données qui auront forcément un impact positif ou négatif sur les marchés américains. Et on commence fort, avec les résultats de Google et Microsoft.

Le géant américain, à savoir Google, n’est pas au meilleur de sa forme. La firme de Mountain View a en effet enregistré un bénéfice net baissier (-13%) durant le trimestre écoulé, n’engrangeant « que » 16 milliards de dollars. Son chiffre d’affaires global a atteint 69,7 milliards au cours de la même période, un montant honorable, mais pour le groupe californien, cela signifie tout de même une croissance ralentie (13%, contre 23% au premier trimestre 2022).

Il s’agit du plus faible taux de croissance de Google sur une année depuis le deuxième trimestre 2020. À l’époque, ses revenus avaient fortement baissé en raison de la chute des campagnes publicitaires. Bon nombre d’annonceurs s’étaient en effet retirés, en raison de la pandémie de coronavirus.  

Mieux que prévu

Les résultats pour le second semestre restent cependant meilleurs que ce à quoi s’attendait le marché, du moins pour la branche publicitaire du groupe. Avec la crise économique actuelle, beaucoup craignaient que le resserrement des budgets publicitaires ait plombé les revenus de Google.

« Les investisseurs s’attendaient à un désastre pour Alphabet, mais finalement les chiffres ont été légèrement meilleurs que ce qu’ils craignaient », a jugé Dan Ives, de Wedbush Securities, rapporte l’AFP.

La croissance du groupe a d’ailleurs été en partie portée par les recettes publicitaires du moteur de recherche de Google (40,7 milliards de dollars), a confié Sundar Pichai, PDG d’Alphabet, maison mère de la firme, lors d’une conférence téléphone avec les analystes.

« La croissance de la pub chez Google devrait donner au marché et au milieu de la tech un petit regain de confiance », a indiqué l’analyste. Après la catastrophe de Snapchat – sa valeur a chuté de 40% après l’annonce de ses mauvais résultats trimestriels, malgré une augmentation de son nombre d’utilisateurs –, les chiffres pas trop mauvais de Google devraient en effet redonner confiance aux investisseurs. Les actions de la société ont d’ailleurs grimpé de 4% dans les échanges, suite à l’annonce des résultats.

Faire le point sur les priorités

L’annonce des résultats trimestriels a évidemment été accompagnée d’un discours du patron d’Alphabet. « C’est un bon moment pour aiguiser nos priorités », a-t-il ainsi indiqué aux analystes. « C’est une opportunité pour digérer et nous assurer que nous travaillons sur les bons projets ».

Le mois dernier, il était question de « consolider là où les investissements se chevauchent et rationaliser les processus » et de « suspendre le développement et redéployer les ressources vers des domaines plus prioritaires ».

Sundar Pichai n’a pas tort. Les chiffres montrent que Google « n’est pas à l’abri des menaces qui pèsent sur le secteur », comme l’a souligné Evelyn Mitchel, du cabinet Insider Intelligence. Plus tôt ce mois-ci, le PDG avait déjà concédé que son entreprise n’était « pas à l’abri des vents contraires économiques ». C’est pourquoi elle avait décidé de ralentir ses embauches.

D’ailleurs, si les résultats des revenus publicitaires de Google sont meilleurs que ce à quoi s’attendaient les analystes, ce n’est pas le cas pour toutes les branches d’Alphabet. Le bénéfice ajusté par action avait atteint 1,21$ au cours du trimestre, contre 1,32$ attendus par les analystes, selon les données de Bloomberg. Les revenus hors TAC (coûts d’acquisition de trafic) se sont, eux aussi, révélés inférieurs aux attentes de Wall Street ; 57,47 milliards de dollars, contre 58,14 milliards de dollars. Enfin, les revenus des services Google ont atteint 62,84 milliards de dollars, soit moins que l’estimation de 63,34 milliards de dollars attendus.

Le reste de l’année devrait être du même ordre, à moins que la situation géopolitique et les conditions macroéconomiques actuelles ne s’arrangent. À l’image des autres géants de la tech, la guerre en Ukraine a eu un impact direct sur ses activités. Sa branche russe a en effet été contrainte de déposer le bilan en Russie. L’inflation galopante, la hausse des taux d’intérêt et les problèmes au sein de la chaine d’approvisionnement ont poussé les entreprises à revoir à la baisse leur budget publicitaire.

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