Les Verts dénoncent le “coup du chapeau” de Cristiano Ronaldo

Plus de 160 000 résidents riches de 10 pays de l’UE bénéficient d’exemptions fiscales totalement légales et ne contribuent pas ou insuffisamment à la prospérité de leur pays. Les leaders sont les Pays-Bas et le Royaume-Uni, qui offrent chacun des avantages fiscaux douteux à environ 50 000 citoyens fortunés.

C’est ce qu’on peut lire dans l’étude « Competing for the rich: Tax exemptions and special schemes for the rich ». Traduit librement: « La lutte pour attirer les riches : exonérations fiscales et régimes spéciaux pour les riches « . L’étude a été préparée par le groupe politique des Verts / Alliance libre européenne (Verts /ALE) au Parlement européen. Le groupe demande à la Commission européenne d’élaborer un plan pour mettre fin à cette concurrence fiscale. Selon la porte-parole Molly Scott Cato, ces avantages fiscaux entraînent une imposition supplémentaire équivalente pour tous les autres contribuables qui doivent compenser le manque à gagner correspondant euro par euro. C’est donc une discrimination à l’égard de tous les autres contribuables qui n’ont pas bénéficié d’offres comparables.

Le rapport contient un certain nombre de chiffres intéressants

  • Quinze pays de l’UE et plusieurs pays de l’Espace économique européen (EEE), dont la Suisse et Gibraltar, offrent ces avantages fiscaux à 160 000 personnes. Les Pays-Bas et le Royaume-Uni sont en tête du classement avec chacun plus de 50 000 bénéficiaires.
  • Le Royaume-Uni a progressivement et à contrecoeur réduit son fameux régime « non-dom ». Néanmoins, il représente toujours 120 milliards de livres sterling (140 milliards d’euros) de recettes par an.
  • 19 États membres de l’UE taxent le capital moins que le travail.
  • Plus récemment, Chypre et l’Italie ont introduit des réglementations très strictes. Elles combinent de nombreux avantages d’autres pays de l’UE pour minimiser la fiscalité.
  • Les États membres de l’UE ne se contentent pas aux sociétés comme Apple, Facebook et Amazon. Les super riches tels que le footballeur de la Juventus, Cristiano Ronaldo, reçoivent également des offres pour alléger le fardeau fiscal de leurs revenus.

Le fraudeur Cristiano Ronaldo

Cristiano Ronaldo en partner
EPA-EFE / Emilio Naranjo

Le journal espagnol El País se réfère dans ce contexte au «Coup du chapeau fiscal» du dieu du football portugais. Il l’a signé en juillet avec son transfert du Real Madrid à la Juventus Turin. C’est la troisième fois de sa carrière qu’il s’installe dans un pays qui lui offre des allégements fiscaux. En Italie, par exemple, il n’est imposé qu’à hauteur de 100 000 euros d’impôt maximum sur les revenus qu’il tire de l’étranger. Par exemple sur ses droits d’image. Les revenus de Ronaldo sont estimés à 100 millions d’euros par an.

Auparavant, il avait bénéficié d’allégements fiscaux au Royaume-Uni et en Espagne (où son statut relevait de la « loi Beckham« ). Ce qui ne l’a pas empêché de tromper les autorités fiscales espagnoles pour plusieurs dizaines de millions. Ronaldo a conclu un accord avec les autorités fiscales espagnoles en juillet dernier. Il a dû payer une amende de près de dix-neuf millions d’euros et a été condamné à deux ans de prison. Étant donné que l’Espagne convertit les peines d’emprisonnement de 24 mois ou moins en peines avec sursis s’il s’agit de la première condamnation, le Portugais n’a pas eu à aller en prison.