Aux États-Unis aussi, on prolonge le charbon à tours de bras : le solaire est pointé comme l’un des grands responsables

Si la crise énergétique qui touche l’Europe est sans commune mesure avec ce qu’il se passe actuellement outre-Atlantique, le charbon y vit là aussi de belles (dernières ?) heures. Parmi les coupables pointés du doigt, on retrouve le solaire.

North Omaha (Nebraska), Rush Island (Missouri) et Culley Unit 2 (Indiana). Trois centrales au charbon dont la durée de vie a été prolongée (de deux ans pour l’une, de trois pour les deux autres) en ce mois d’août. Cela porte à huit le nombre d’installations de ce type qui ont été prolongées depuis le début de l’année aux États-Unis.

Certes, la capacité de production des centrales au charbon américaines a diminué de plus de la moitié au cours des 15 dernières années. Mais depuis plusieurs mois, la donne a changé : les chiffres sont repartis vers le haut.

Pourquoi ?

Si les opérateurs demandent – et obtiennent – la prolongation des centrales au charbon, c’est car ils disent vouloir éviter des pénuries d’électricité. Un risque précipité par, selon nombre d’entre eux, le retard pris par les projets solaires. Il faut dire que les chiffres et les prévisions leur donnent raison. Le cabinet de conseil Wood Mackenzie prévoit ainsi que les installations solaires à l’échelle des services publics ajouteront 8,7 gigawatts de capacité en 2022. C’est environ deux fois moins que ce qui a été ajouté l’année dernière.

Si les projets solaires ont du mal à se concrétiser, c’est car les difficultés pour obtenir les matériaux adéquats se multiplient. Aux problèmes sur la chaîne d’approvisionnement mondiale s’ajoutent les contraintes liées à une enquête visant à déterminer si les importateurs évitent les droits de douane sur les panneaux solaires en provenance d’Asie du Sud-Est et la saisie de certaines pièces en vertu d’une loi interdisant les fournitures liées au travail forcé en Chine, explique le Financial Times.

Notons que le solaire n’est pas le seul secteur pointé du doigt. De nouveaux projets gaziers, eux aussi censés remplacer des centrales au charbon, ont également pris du retard. En outre, les prix élevés du gaz – les plus hauts aux USA depuis 2008 – ont rendu le charbon plus attrayant ces derniers mois.

Dernier facteur : la météo. Les vagues de chaleur qui ont touché les États-Unis cet été ont fait exploser l’utilisation des climatiseurs, et donc la demande en électricité. La consommation d’électricité des Américains pourrait même atteindre un record cette année.

Malgré tout, les analystes ne sont pas alarmistes. Ils estiment que ce que certains considèrent comme une « tempête parfaite » qui profite au charbon finira bientôt par se calmer. Et les États-Unis devraient pouvoir, dans les années à venir, recommencer à diminuer progressivement la production de leurs centrales au charbon, avant de pouvoir peut-être un jour se passer complétement de ce combustible fossile hautement polluant.

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