En Allemagne, même Greenpeace est favorable au retour du charbon: « Amer mais nécessaire »

Ce lundi, l’Allemagne a redémarré une importante centrale au charbon, nouvelle corde à l’arc qu’elle tend pour lutter contre la crise énergétique qu’elle subit en raison de la nette diminution des livraisons de gaz russe. L’occasion pour l’organisation de protection de l’environnement Greenpeace de faire valoir son point de vue sur la question.

Annoncé la semaine passée, le retour sur le réseau de la centrale électrique au charbon de Heyden 4, à Petershagen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) a été acté ce lundi. D’une capacité de 875 mégawatts, l’installation est la plus puissante parmi toutes celles susceptibles de redémarrer dans les prochains mois dans le cadre de la stratégie du pays visant à relancer certaines centrales au charbon qui avaient fermé et à prolonger d’autres qui étaient censées s’arrêter cet automne.

Depuis la mi-2021, Heyden 4 soutenait le système électrique en tant que centrale de réserve mais ne produisait plus d’électricité pour le marché. Cette reprise de la production est prévue pour durer jusqu’au 30 avril 2023, mais elle pourrait être prolongée pendant une année supplémentaire à la demande des autorités, a fait savoir Uniper.

« L’exploitation envisagée de Heyden 4 sera restreinte en raison des limitations de la capacité de transport ferroviaire de la houille vers le site, qui pourraient être levées lorsque des capacités de transport supplémentaires seront disponibles », a précisé le fournisseur allemand.

Heyden 4 est la deuxième centrale au charbon à être redémarrée en Allemagne en ce mois d’août. La première avait été celle de Mehrum à Hohenhameln, en Basse-Saxe.

Greenpeace réagit

Outre-Rhin, la crise énergétique est si forte qu’elle pousse même une organisation telle que Greenpeace à soutenir ce retour au charbon. « Amer mais inévitable », a commenté Karsten Smid, expert en climat et énergie au sein de l’ONG. Il y voit une solution à court terme pour « se libérer de la dépendance aux livraisons de gaz de Poutine ».

Le responsable de Greenpeace a toutefois plaidé pour que ce retour au charbon « ne constitue pas un pas en arrière pour la protection du climat ». « Les émissions supplémentaires qui en résulteront inévitablement devront toutefois être compensées dans les années à venir’, a-t-il déclaré.

Pour limiter la casse, Karsten Smid a demandé à renoncer à la remise en route des centrales fonctionnant au lignite, plus polluantes. A priori, aucune centrale de ce type ne doit rouvrir. Toutefois, le géant allemand RWE a annoncé il y a deux semaines que le report du démantèlement de Neurath A, unité d’une centrale qui fonctionne au lignite et qui a été désignée comme « le deuxième plus gros pollueur d’Europe » en 2019. La décision de la réactiver revient à l’Agence fédérale des réseaux, qui dépend directement du ministère allemand de l’Économie.

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