Au Texas, des enseignants doivent laisser place à tous les points de vue, y compris aux livres qui nient l’Holocauste

Au Texas, la promulgation d’une nouvelle loi visant à « abolir la théorie critique de la race » s’est traduite, dans un district scolaire, par l’invitation à proposer aux élèves des « points de vue opposés » au sujet de l’Holocauste. Rien que ça. Des enseignants sont choqués.

L’information a été rapportée par le média américain NBC News. La chaîne a recueilli des témoignages d’enseignants et, surtout, un enregistrement audio d’un discours de Gina Peddy, directrice exécutive des programmes et de l’enseignement du Carroll Independent School District, un district scolaire de la région de Dallas.

On y entend la responsable expliquer aux instituteurs et institutrices comment se conformer à une loi texane signée début septembre. Celle qui dit vouloir « abolir la théorie critique de la race au Texas » et inviter les enseignants à ne pas « s’engager dans une formation, une orientation ou une thérapie qui présente toute forme de stéréotype de la race ou du sexe ou de blâme fondé sur la race ou le sexe. » En outre, le texte exige que les enseignants qui discutent de « questions de politique publique ou d’affaires sociales largement débattues et actuellement controversées » examinent ces questions à partir de divers points de vue sans donner « de déférence à une seule perspective ».

Et visiblement, cela s’applique même à l’Holocauste. Dans le clip audio, on entend ainsi Mme Peddy rappeler aux enseignants que « s’ils ont un livre sur l’Holocauste », ils doivent s’assurer « d’en avoir un qui a une opposition, qui a d’autres perspectives ».

« Nous sommes au milieu d’un désordre politique, et vous êtes au milieu d’un désordre politique, et donc nous devons simplement faire du mieux que nous pouvons », leur dit-elle également.

Une institutrice déjà réprimandée

Contactée par NBC News, la directrice du district n’a pas souhaité commenté l’affaire. Un porte-parole du district a simplement répondu qu’ils essayaient d’aider les enseignants à se conformer à la législation car ceux-ci étaient dans « une position précaire avec les dernières exigences légales ». Il a également assuré que les professeurs n’auraient pas à retirer des livres de la bibliothèque de leur classe.

En parallèle de cette affaire, des enseignants du district ont fait part des réprimandes reçues récemment par une institutrice primaire. Celle-ci a été blâmée par le conseil scolaire après qu’un parent se soit plaint de la présence d’un livre antiraciste dans sa classe.

« Les enseignants ont littéralement peur d’être punis pour avoir des livres dans la classe », a confié un enseignant à NBC News. « Il n’y a pas de livres pour enfants qui montrent la ‘perspective opposée’ de l’Holocauste ou la ‘perspective opposée’ de l’esclavage. Sommes-nous censés nous débarrasser de tous les livres sur ces sujets ? »

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