A force de nous fréquenter, la taille du cerveau des chats a diminué

L’un des éléments qui rendent notre espèce unique, c’est que nous sommes capables de modifier durablement d’autres êtres vivants à notre contact prolongé, animaux ou végétaux, afin qu’ils correspondent mieux à nos besoins. Un étrange phénomène qui a pour nom la domestication, et par lequel on a créé, de manière plus ou moins consciente au fil des millénaires, les versions qui nous sont familières de différentes espèces sauvages.

L’exemple le plus connu est bien sûr canis lupus familiaris, notre bon vieux chien domestique qui nous accompagne depuis au moins 12.000 ans, voire bien plus encore, mais qui reste génétiquement un loup, chez lequel on a simplement sélectionné des traits qui nous plaisaient, comme un caractère joueur, une moindre remise en question de l’autorité, ou une communication plus facile d’une espèce à l’autre.

Le chat, venu avec l’agriculture

Tous nos animaux domestiques sont des versions sélectionnées de leurs équivalents sauvages, mais pour le chat c’est un peu plus compliqué : si Felis silvestris catus fréquente notre espèce depuis au moins 7.000 ans av. J.-C., certains chercheurs pensent qu’il ne s’est pas exactement laissé domestiquer. Il a juste considéré que se rapprocher de nous pouvait lui être plutôt bénéfique alors que nous commencions à maitriser l’agriculture, attirant ainsi involontairement des rongeurs en grand nombre qui convoitaient nos grains. Le chat a suivi sa nourriture, éliminant les petits rôdeurs, et posant ainsi les bribes d’une sorte de collaboration.

Mais malgré cette relation plus informelle, les chats ont changé à notre contact : une nouvelle étude confirme que leur volume crânien crânien s’est réduit, et donc par extension la taille de leur cerveau. Des chercheurs ont comparé la taille des crânes entre les chats domestiques (Felis catus) et les chats sauvages d’Europe et d’Afrique, qui constituent l’espèce ancestrale à partir de laquelle nos chats ont lentement évolué.

Des crânes moins volumineux que leurs ancêtres

« Nos données indiquent que les chats domestiques ont effectivement des volumes crâniens plus petits (ce qui implique des cerveaux plus petits) par rapport aux chats sauvages d’Europe (Felis silvestris) et aux ancêtres sauvages des chats domestiques, les chats sauvages d’Afrique (Felis lybica), ce qui confirme des résultats plus anciens », expliquent les chercheurs dans leur nouvel article. « Nous avons également constaté que les hybrides de chats domestiques et de chats sauvages européens ont des volumes crâniens qui se situent entre ceux des deux espèces parentes. »

Les chercheurs considèrent qu’il s’agit là d’une conséquence de la sélection pour la docilité lors de la domestication, qui conduit à la production de moins de cellules de crête neurale, liées à l’excitabilité et à la peur. Ce phénomène pourrait à son tour entraîner des modifications de la réponse au stress, de la taille du cerveau et de la morphologie générale du corps. De quoi démontrer que, malgré leur capacité à se débrouiller sans nous par rapport à d’autres espèces domestiques, les chats restent des animaux qui se sont fort transformés à notre contact, même si c’est moins visible que chez le mouton ou le chien par rapport au mouflon et au loup.

Ce qui relativise donc le scénario du chat sauvage qui se serait volontairement rapproché de nous tout en gardant son autonomie : selon les chercheurs, les chats domestiques continuent d’être choisis comme animaux de compagnie en fonction de leur tempérament, ce qui en fait un sujet approprié pour la domestication. Malgré ses griffes et sa capacité à chasser -qui fait des dégâts dans les écosystèmes – le greffier n’a plus grand-chose à voir avec un animal sauvage.

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