Principaux renseignements
- La Réserve fédérale a maintenu ses taux d’intérêt inchangés malgré la hausse de l’inflation.
- Le président Kevin Warsh procède à une refonte du cadre opérationnel et de la communication de la banque.
- Les responsables, jusqu’alors divisés, penchent désormais en faveur d’éventuelles hausses de taux cette année.
Pour la quatrième réunion consécutive, la Réserve fédérale a choisi de maintenir les taux d’intérêt actuels, conservant la fourchette de référence entre 3,5 pour cent et 3,75 pour cent.
Bien que la décision de ne pas modifier les taux ait été prise à l’unanimité, les responsables se montrent de plus en plus enclins à envisager une hausse des taux avant la fin de l’année. Ce glissement vers une position plus offensive fait suite à une période où l’on anticipait une baisse des taux en 2026 ; toutefois, le raffermissement du marché du travail et un pic d’inflation sur trois ans – alimenté par les tensions au Moyen-Orient qui font grimper les coûts de l’énergie – ont modifié les perspectives.
Une nouvelle direction
Sous la direction de son nouveau président, Kevin Warsh, la banque centrale fait l’objet d’une refonte opérationnelle majeure. Rompant avec la tradition, le Comité fédéral de l’open market (FOMC) a cessé de fournir des « indications prospectives », cette pratique consistant à signaler au public les futures orientations de la politique monétaire.
De plus, Warsh a mis en place cinq groupes de travail spécialisés chargés d’évaluer le cadre de lutte contre l’inflation de la Fed, son bilan, l’utilisation des données, la productivité et l’emploi, ainsi que ses stratégies de communication, soulignant ainsi son engagement en faveur d’une administration axée sur les réformes.
Prévisions divergentes parmi les responsables
Le dernier « dot plot » (graphique en points) des anticipations de taux d’intérêt comportait une entrée manquante, le président Warsh ayant refusé de fournir une prévision personnelle, invoquant ses positions bien établies.
Parmi les 18 membres ayant contribué à ce graphique, les avis sont partagés. Huit s’attendent à ce que les taux restent inchangés, tandis que d’autres anticipent entre une et quatre hausses. Un seul responsable estime qu’une baisse des taux aura lieu cette année.
Évolution de la communication sur la politique monétaire
Les changements s’accompagnent d’une déclaration de politique monétaire simplifiée qui supprime les allusions précédentes à de futures baisses de taux. La Fed qualifie désormais la croissance économique de « solide », mais reconnaît la persistance de l’incertitude et d’une inflation élevée causée par des chocs d’offre sectoriels. Le comité a souligné son engagement en faveur de la stabilité des prix.
Aggravation de l’inflation
Les données économiques révèlent une tendance inquiétante, les prévisions d’inflation globale bondissant de 2,7 pour cent à 3,6 pour cent et l’inflation sous-jacente s’élevant à 3,3 pour cent. L’indice des prix à la consommation (IPC) de mai a atteint son plus haut niveau depuis trois ans, à 4,2 pour cent, tandis que l’indice PCE sous-jacent – principal indicateur de la Fed – devrait grimper à 3,5 pour cent pour le mois de mai.
Face à ces pressions, la Fed a légèrement revu à la baisse ses prévisions de croissance du PIB pour l’année, à 2,2 pour cent, et s’attend à ce que le taux de chômage se stabilise à 4,3 pour cent.
(at)
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