170 lauréats de prix Nobel et anciens leaders prient Biden de prendre une mesure capitale pour la fin de la pandémie

AP Photo/Andrew Harnik, Pool/Isopix

Dans une lettre ouverte, un groupe de 170 lauréats de prix Nobel et anciens chefs d’Etat ont fait une demande à Joe Biden en vue de mettre fin à la pandémie. Ils le prient de renoncer temporairement aux brevets sur les vaccins contre le Covid-19.

Parmi les ex-leaders internationaux ayant signé cette lettre, on retrouve notamment l’ancien président de l’URSS Mikhail Gorbatchev, l’ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, l’ancien président français François Hollande ou encore l’ancien Premier ministre belge Yves Leterme. 21 anciens Prix Nobel de la Paix figurent aussi parmi les signataires, dont Desmond Tutu (1984), Muhammad Yunus (2006) et Denis Mukwege (2018).

Les 170 signataires voient en la suspension temporaire des brevets sur les vaccins contre le Covid-19 ‘une étape essentielle et nécessaire pour mettre fin à cette pandémie’. Une telle mesure permettrait ‘d’accroître la capacité de production mondiale, sans être entravé par les monopoles industriels qui sont à l’origine des graves pénuries d’approvisionnement bloquant l’accès aux vaccins’, écrivent-ils. Autrement dit, des pays en développement pourraient eux aussi produire les vaccins contre le coronavirus, et ainsi vacciner leur population.

Opposition des plus riches et du privé

L’Afrique du Sud et l’Inde ont déposé une telle proposition le 2 octobre 2020 auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce, soutenus par une centaine d’autres Etats. Ils demandaient la suspension des brevets, ‘jusqu’à ce qu’une vaccination généralisée soit en place dans le monde entier’.

La résistance a toutefois été féroce jusqu’à présent. En mars, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont tous voté pour bloquer l’octroi d’une telle dérogation, arguant de la nécessité de préserver une incitation économique au développement de nouvelles technologies médicales. La Chambre de commerce américaine a qualifié ces propositions de ‘malencontreuses’ et de ‘distraction’ par rapport aux efforts déjà entrepris pour partager les vaccins avec les pays en développement.

Un avis partagé par le secteur pharmaceutique privé. La Fédération internationale de l’industrie du médicament a fait valoir qu’une renonciation aux protections de la propriété intellectuelle serait ‘contre-productive’ et saperait la confiance dans un système à but lucratif qui a contribué au développement de plusieurs vaccins très efficaces.

Pour aider les pays plus pauvres, l’initiative Covax a été mise en place afin de les approvisionner en vaccins. Mais pour les 170 signataires, c’est insuffisant. ‘Dans la plupart des pays pauvres, 9 personnes sur 10 risquent de ne pas recevoir de vaccin cette année. À ce rythme, de nombreuses nations devront attendre au moins jusqu’en 2024 pour parvenir à une vaccination de masse contre le COVID-19’, déplorent-ils.

La suspension temporaire est une mesure également prônée par Médecins sans frontières. D’après son président, Christos Christou, les pays ‘doivent faire preuve du leadership nécessaire pour concrétiser la ‘solidarité mondiale’ qu’ils ont si souvent déclarée pendant la pandémie’, a-t-il déclaré via un communiqué.

Sur le même sujet: