1 ville sur 4 manque d’argent pour se protéger face au changement climatique

Sécheresses, inondations, catastrophes naturelles: certaines conséquences du dérèglement climatique sont inévitables. S’il convient de tout faire pour qu’il y en ait le moins possible, il faut aussi songer à s’y adapter. Sur ce second plan, les villes sont très mal préparées.

L’étude a été réalisée par le Carbon disclosure project (CDP) auprès de plus de 800 villes à travers le monde. Cet organisme évalue depuis dix ans les politiques climatiques des villes et entreprises. Selon son enquête, près de la moitié de ces 800 villes (43%) n’ont pas de plan d’adaptation au changement climatique. D’ici 2030, elles représenteront un total de 400 millions d’habitants, qui ne seront donc pas protégés face aux futurs ravages climatiques.

Dangers multiples

Outre des événements très marquants tels que des tsunamis ou des inondations, le risque climatique comprend également des problèmes moins spectaculaires mais tout aussi graves. Ainsi, le CDP estime que le changement climatique a et aura principalement un impact sur l’approvisionnement en eau et son assainissement. Les systèmes de santé publique sont le deuxième secteur le plus à risque, comme l’illustre tristement la pandémie de coronavirus.

L’organisation donne un exemple dans la région d’Adélaïde (Australie), où les nombreux incendies ont poussé certaines chauve-souris à se réfugier en ville. Elles se rapprochent des habitants et des points d’eau, qu’elles peuvent contaminer de maladies graves. Les services d’eau et d’assainissement doivent donc être bien rôdés pour pouvoir parer à de tels dangers.

Parmi les autres dangers pointés du doigt par le CDP, il y a notamment la pollution de l’air en ville, ainsi que les vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes. A cet effet, le rapport salue la décision des autorités parisiennes d’installer des ‘ilots de fraicheur’ en rue en vue de faire baisser la température dans la capitale française.

La montée du niveau des eaux constitue elle aussi un problème qu’il convient d’anticiper. L’organisation prend Malmö comme exemple. La troisième ville suédoise veille à ce que tout nouveau bâtiment soit situé à trois mètres au-dessus du niveau de la mer.

Manque de moyens

Parmi les villes ayant fait l’objet de l’enquête, 25% ont indiqué qu’elles faisaient face à un obstacle budgétaire pour pouvoir mettre en œuvre des mesures. La plupart d’entre elles sont plus ambitieuses que leur gouvernement national, dont elles dépendent financièrement.

‘L’adaptation [aux impacts du changement climatique] est plus difficile à financer que les mesures de réduction des émissions. Les avantages de l’adaptation et de la résilience sont énormes, mais ils n’apparaissent pas dans le bilan. Seule une fraction des dépenses de relance [de la pandémie de coronavirus] est affectée au changement climatique, et encore moins à l’adaptation’, a expliqué Kyra Appleby, directrice mondiale du CDP, interrogée par le Guardian.

Ainsi, l’enquête a révélé que l’année dernière, dans 422 villes, 1.142 projets d’adaptation à la crise climatique n’avaient pas encore été financés, ce qui représente un investissement d’environ 72 milliards de dollars. Parmi ce montant, 22,6 milliards concernaient des projets de gestion de l’eau.

Les entreprises peuvent apporter une autre source de financement. Les trois quarts des villes ayant participé à l’enquête travaillaient d’ailleurs déjà avec des entreprises sur des questions de durabilité, ou prévoient de le faire dans les deux prochaines années.

Terminons tout de même sur une note positive. Si seulement un peu plus de 400 villes ont un plan d’adaptation au changement climatique aujourd’hui, elles n’étaient que 30 il y a dix ans. Il y a donc du progrès, mais ce n’est pas encore suffisant.

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