Wilmès affronte obstinément Lufthansa au sujet des garanties pour Brussels Airlines

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La compagnie aérienne Lufthansa joue un jeu très transparent avec le gouvernement belge. Après des mois de négociations, les Allemands ne veulent toujours pas entendre parler d’une quelconque implication du gouvernement en échange d’un plan de sauvetage massif.

Cela reste toutefois qu’un jeu de bluff dans une partie de poker, car le ‘salut du transporteur national’, Brussels Airlines, est entièrement aux mains de la compagnie Lufthansa.

Depuis des semaines, la direction de cette entreprise tente de semer la panique, au travers des médias, en assurant que ‘les caisses sont vides’ ou que ‘l’entreprise et des milliers d’emplois vont disparaître’. L’objectif est simple: faire pression sur le gouvernement belge afin d’obtenir une plus grosse somme d’aides pour sauver l’affaire.

Mais le cabinet Wilmès II n’est pas impressionné. Hier, le ministre des Finances, Alexander De Croo (Open Vld) a apposé de nombreuses oppositions au dossier devant la Chambre.

Les demandes

Les Allemands veulent près de 300 millions d’euros, mais ils refusent que le gouvernement belge ait son mot à dire sur Brussels Airlines en échange. C’est la principale demande de la Belgique, car personne à la rue de la Loi n’a oublié qu’il y a à peine trois ans, Lufthansa prévoyait de démantibuler la compagnie belge pour en faire un transporteur à bas prix, Eurowings.

En outre, les Allemands ont récupéré il y a quelques années les parts restants pour une bouchée de pain. Et malgré cela, la compagnie ne veut faire aucune concession, semble-t-il. Au contraire, la direction contacte ses amis journalistes pour leur proposer des histoires sur leurs malheurs.

‘Nous n’avons pas reçu de propositions de Lufthansa depuis 2 mois. Et ce, après 24 visioconférences et 6 différentes versions de l’accord, en grande partie venant de nous’, a expliqué De Croo à la Chambre.

Le gouvernement belge est même allé à la rencontre de son homologue allemand. Ainsi la Première ministre Sophie Wilmès a rencontré la chancelière Angela Merkel et les ministres allemands des Finances et de l’Économie. Ils comprennent la position belge. Ils ont eu eux-mêmes des problèmes de gestion avec Lufthansa pendant des mois.

Les principales exigences de la Belgique sont :

  • L’investissement à faible capital dans Brussels Airlines
  • Le respect du dialogue social
  • Une limitation des licenciements
  • Des garanties que l’accord qui assure les vols vers Bruxelles sera maintenu

Mais les Allemands refusent.

En outre, le gouvernement minoritaire est sous pression: les socialistes et le PTB en particulier ne demandent rien de moins qu’une renationalisation. Même le MR serait mal à l’aise si les Allemands continuent à jouer ce petit jeu.