Warren Buffett : « La pandémie a un impact extrêment inégal, et ce n’est pas terminé »

L’investisseur et centimilliardaire américain Warren Buffet s’est penché sur un aspect qui s’est vérifié tout le long de la crise. Et selon lui, qui va encore se poursuivre pour un certain temps.

L’impact économique a été extrêmement inégal durant la pandémie: « Des centaines de milliers voire des millions de petites entreprises ont été gravement touchées, mais la plupart des grandes entreprises s’en sont bien sorties », a expliqué le CEO du fonds d’investissement Berkshire Hathaway, lors d’une interview accordée à la CNBC.

C’est vrai pour l’Europe et les États-Unis. Outre-Manche, la pandémie a coûté quelque 20.000 milliards de dollars à l’économie américaine. Mais les systèmes d’aide ont été moins présents que sur le Vieux continent, contraignant des milliers de petits entrepreneurs à mettre la clé sous le paillasson. Rappelons qu’au premier trimestre 2020, le PIB américain a été raboté de 31,4%, du jamais vu depuis la Grande Dépression.

Pour le milliardaire, la crise n’est pas tout à fait derrière nous. « Ce n’est pas fini », a-t-il conclu. Si certains secteurs sont plus touchés que d’autres, c’est surtout au niveau de la taille des entreprises que la crise est la plus discriminante.

La valeur boursière des 50 plus importantes entreprises a augmenté de 4.500 milliards de dollars en 2020, ressort-il d’une récente étude de Bloomberg Economics. Cela représente près de 28% du PIB mondial. Leur marge bénéficiaire a grimpé en flèche sur les trois dernières décennies, passant d’un taux médian de 6,9% en 1990 à 18,2% l’année dernière.

En Europe

Plus près de chez nous, en Europe, les États ont dépensé sans compter pour venir en aide aux entreprises. Mais ces aides ont surtout bénéficié aux grandes entreprises. Pour toute une série de petites entreprises, les aides ont fait office de baxter. Une fois les aides coupées, les dégâts pourraient être nombreux: plus de 200.000 entreprises pourraient ne pas arriver jusqu’en 2022 en Europe.

Encore plus près de chez nous, en Belgique, on estime que près de 40.000 entreprises zombies ont bénéficié d’une aide covid à hauteur de 5,4 milliards d’euros. Au détriment de petites entreprises plus saines, déplorent certains économistes. Pour beaucoup, la santé économique des petites entreprises ne pourra se mesurer que dans quelques mois voire quelques années. En Wallonie, l’Union wallonne des entreprises (UWE) a récemment pointé du doigt une crise de la solvabilité. Près d’une entreprise sur quatre a un besoin urgent de liquidité.

Buffett philosophe…

Pour revenir au niveau macro, Warren Buffet estime que la plus grande leçon à tirer de cette crise est notre impréparation face à l’imprévisible. « J’ai appris que les gens ne savent pas autant qu’ils le pensent (…). La société a beaucoup de mal à se préparer à des choses qui sont lointaines mais qui sont possibles et qui se produiront tôt ou tard. »

« Il y aura une autre pandémie, nous le savons. Nous savons qu’il existe une menace nucléaire, chimique, biologique, et maintenant cybernétique. Chacune d’entre elles présente des possibilités terribles », a déclaré M. Buffett. « Et ce n’est tout simplement pas quelque chose que la société semble capable d’appréhender pleinement. »

« Charlie (vice-président de Berkshire) et moi avons eu une chance inouïe à bien des égards. Mais la chose la plus chanceuse était en fait d’être là au bon moment et au bon endroit », a déclaré le nonagénaire. « Commentse préparer pour que l’humanité, dans 50, 100 et 200 ans, puisse profiter de la vie comme on a pu le faire ? ».

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