Virage à 180°: la France déconseille maintenant le vaccin AstraZeneca pour les moins de 55 ans

La saga AstraZeneca n’est pas terminée. (xLucxNoboutx)

L’avis rassurant donné par l’Agence européenne du médicament (EMA) sur le vaccin AstraZeneca ne clôt pas la saga. Alors que la France a déjà repris les vaccinations via le produit britannique, sa Haute autorité de Santé (HAS) préconise désormais de restreindre son utilisation… aux plus de 55 ans.

On pensait avoir tout vu. On se trompait. Fin janvier, l’EMA avait donné son autorisation au vaccin AstraZeneca. Les jours suivants, plusieurs pays européens, dont la France, avaient décidé de l’administrer uniquement aux moins de 65 ans. Au-delà de cet âge, le vaccin serait ‘presque inefficace’, avait même déclaré le président français Emmanuel Macron, juste avant l’autorisation de feu vert de l’EMA. Côté belge, le ministre de la Santé Frank Vandenrboucke était allé encore plus loin, limitant l’utilisation du vaccin AstraZeneca aux moins de 55 ans.

L’OMS s’était alors emparée du dossier, concluant que le vaccin était bon pour tous les âges. Chaque pays, y compris la Belgique, avait fini par s’aligner sur ces recommandations.

La semaine dernière, le Danemark a signalé l’apparition de caillots sanguins chez des patients venant de recevoir le vaccin AstraZeneca. Le pays scandinave a suspendu l’utilisation du vaccin, rapidement suivi par une douzaine de pays européens, dont la France. Ce jeudi, l’EMA a indiqué que le vaccin était ‘sûr et efficace’. Suffisant pour rassurer la plupart des nations, qui ont levé la suspension. Une poignée de pays ont toutefois décidé de la maintenir à ce stade, souhaitant faire des analyses plus approfondies.

Encore un peu plus de confusion

La France fait partie des pays à avoir directement réautorisé le vaccin AstraZeneca. Dès ce vendredi, le produit est à nouveau administré aux patients français, de tout âge. Toutefois, la Haute autorité de la santé (HAS) vient d’émettre un avis pour le moins surprenant.

La HAS rappelle que, bien que l’EMA a confirmé sa confiance envers le vaccin, elle n’a pas pu totalement exclure un lien de causalité envers le produit et un petit nombre de cas rares et graves troubles de la coagulation. Rappelons aussi que, peu avant l’annonce de l’EMA, l’agence norvégienne de santé publique a déclaré avoir établi un lien de causalité entre le vaccin et trois cas de thrombose, dont l’une des victimes est décédée.

L’autorité française veut rester vigilante. D’autant plus, indique-t-elle, qu’à la date du 16 mars, 25 cas de thrombose ont été recensés en Europe, entraînant 9 décès, chez les moins de 55 ans ‘dont une majorité de femmes’. Et, souligne-t-elle, dans cette tranche d’âge, le nombre de cas enregistrés chez des personnes vaccinées est supérieur à celui constaté en population générale.

La HAS estime qu’il faut attendre des analyses plus poussées, afin de vérifier si les victimes de ces thromboses présentaient des facteurs de risques particuliers. Dès lors, ‘dans l’attente de données complémentaires’, elle préconise ‘à ce stade de n’utiliser le vaccin AstraZeneca que pour les personnes âgées de 55 ans et plus, qui constituent la très grande majorité des personnes prioritaires actuelles’. D’après elle, les personnes de moins de 55 ans doivent être vaccinées avec un vaccin à ARN messager, de Pfizer ou de Moderna.

L’autorité française ‘se penchera très prochainement sur les modalités d’administration’ des personnes ayant déjà reçu une première dose du vaccin AstraZeneca, et donc plus spécifiquement sur celles de moins de 55 ans.

Dans leur rapport, les experts de la HAS précisent enfin que le vaccin AstraZeneca permet de prévenir 94% des hospitalisations entre 28 et 34 jours après la première dose, d’après les données de la vie réelle.

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