Un laboratoire belge dans la course au vaccin contre le coronavirus

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Face à l’épidémie de ‘2019-nCov’ (nouveau coronavirus 2019) qui frappe la Chine et se répand progressivement à l’étranger, des chercheurs du monde entier, dont une équipe de la KULeuven, travaillent à l’élaboration d’un vaccin.

Le bilan de l’épidémie de coronavirus se monte désormais à 4.515 personnes contaminées et 106 décès, a fait savoir la Commission nationale de la santé chinoise, ce mardi.

La révélation par la Chine, le 12 janvier dernier, du génome du virus ‘2019-nCov’ à donner le coup d’envoi d’une course scientifique à la mise au point d’un vaccin efficace. Pour ce faire, la Coalition pour des innovations en matière de préparation aux épidémies (Cepi) a notamment mis plusieurs millions de dollars à disposition des biotechs et ‘a fixé un objectif on ne peut plus audacieux: avoir un vaccin prêt pour le tester sur des humains en 16 semaines’, affirme le site scientifique Stat.

Le vaccin contre la fièvre jaune comme base

En Belgique, une équipe de chercheurs de la KULeuven tente d’élaborer le nouveau vaccin grâce à sa technologie basée sur le vaccin contre la fièvre jaune. ‘Nous sommes parvenus précédemment à développer une technologie ADN pour introduire un nouveau matériel génétique dans le vaccin contre la fièvre jaune. Celui-ci devient une base, si vous voulez’, explique le professeur Johan Neyts au journal Le Soir. ‘Ces manipulations nous ont permis de développer une technologie facile à produire, pas chère et avec une grande thermostabilité.’

Sans être absolument sûr que cette technologie va fonctionner dans le cas du coronavirus, le professeur du département de virologie de la KULeuven se dit optimiste. ‘D’ici six à huit semaines, nous vérifierons si le vaccin immunise les souris. Nous aurons besoin d’un mois encore pour voir si elles produisent des anticorps. Il y aura encore des étapes avant les premiers tests cliniques. Développer un vaccin prend du temps’, rappelle-t-il cependant.

Le risque de voir arriver le coronavirus en Belgique? 1,7%…

Au niveau de la propagation du virus, les nouvelles sont quelque peu rassurantes, du moins pour notre pays. Si les services sanitaires sont en alerte et prêts à intervenir, le risque de voir le coronavirus arriver en Belgique ne serait que de 1,7%, malgré un taux de transmission entre humains plus élevé que le Sras. Le ‘2019-nCov’ semble en revanche moins virulent que le Syndrome respiratoire aigu sévère qui avait tué 774 personnes dans le monde en 2002-2003.

‘Au niveau européen, la Belgique n’est pas le pays le plus menacé (1,7% de risque). À la différence de la France (12,8%) et du Royaume-Uni (24,6%)’, a expliqué lundi le Dr Marius Gilbert, du service d’épidémiologie spatiale de l’ULB, au journal L’Echo, sur base d’un rapport français rédigé par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). ‘En faisant des hypothèses sur le nombre de personnes infectées dans certaines zones, il est possible d’estimer quels sont les aéroports qui ont le plus de passagers en provenance des zones touchées.’

Aucun cas n’a pour l’instant été recensé en Belgique. Une dizaine d’échantillons suspects ont déjà été analysés par le laboratoire de l’hôpital universitaire de Louvain et tous se sont avérés négatifs.