Stagflation, crise de la dette et une chute supplémentaire de 50% à Wall Street: Nouriel Roubini dresse un portrait sombre de l’économie américaine

L’économiste prévoit des nuages sombres à l’horizon : stagflation, récession, une crise de la dette, et avec tout cela, d’autres pertes de valeur à Wall Street.

Pour Nouriel Roubini, l’économiste qui porte l’alias « Dr. Doom », cela ne fait pas de doutes : les Etats-Unis vont vers une récession sévère, et ils devraient s’inquiéter pour leur économie, lance-t-il, relayé par Markets Insider.

Une chute supplémentaire de 50% à Wall Street

Pour Roubini, qui porte ce surnom pour avoir prédit l’explosion de la bulle des subprimes et l’effondrement du marché immobilier qui ont mené à la crise financière de 2008, la Fed, en misant sur un atterrissage en douceur est « dangereusement naïve ». A terme, il pense qu’elle « finira par se dégonfler et accepter une inflation élevée ».

La pression de l’inflation élevée et des taux d’intérêt qui rendent les prêts plus chers vont provoquer une chute supplémentaire de 50% à Wall Street, où les cours connaissent déjà leur pire début d’année en plus de cinquante ans. Lorsque les cours repartent à la hausse (comme cela arrive régulièrement, malgré une baisse générale), cela ne devrait pas être une raison de se réjouir et d’acheter, estime-t-il, mais plutôt être interprété comme « le rebondissement d’un chat mort ».

Son analyse sur la double peine provoquée par l’inflation qu’on ne serait pas en mesure de freiner et des taux d’intérêt élevés fait écho à une analyse récente de Ray Dalio.

Une crise de la stagflation et de la dette

« La prochaine crise ne ressemblera pas à ses prédécesseures », écrit Roubini. « Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des chocs d’offre dans un contexte de niveaux d’endettement beaucoup plus élevés, ce qui implique que nous nous dirigeons vers une combinaison de stagflation de style 1970 et de crises de la dette de style 2008 – c’est-à-dire une crise de la dette stagflationniste. »

La stagflation est une situation où l’inflation est élevée et où le PIB stagne (ce qui peut aussi être l’antécédent de la récession). Pour de nombreux économistes, il s’agit d’une situation redoutable, dont il est difficile de s’extirper. Pour l’instant, malgré des hausses des taux d’intérêt de la part de la Réserve fédérale, l’inflation continue d’augmenter aux Etats-Unis, ce qui donne de l’eau au moulin de ceux qui prédisent que la stagflation, voire la récession, va arriver. Surtout que l’inflation est aussi liée à des éléments qui sont hors de portée de la Fed ou de toute autre banque centrale, comme les retards sur les chaines d’approvisionnement et les prix de l’énergie. En Europe, l’inflation est également élevée, mais là, la BCE n’a pas encore levé le petit doigt.

« Il n’y a pas de véritable énigme à résoudre », conclut le professeur émérite de la Stern School of Business de l’Université de New York. « Les choses vont empirer avant de s’améliorer. »

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