Réduction de la dette étudiante de Biden : « De l’essence sur le feu inflationniste »

La fleur qu’a faite le président américain à de nombreux étudiants n’est pas passée inaperçue. Si certains louent la décision de Joe Biden, ce n’est pas le cas de tout le monde. Cette fleur pourrait en effet peser lourd sur l’économie des États-Unis, à l’heure où l’inflation atteint des sommets.

Cette semaine, le président Biden a tenu sa promesse et a annoncé une mesure visant à réduire la dette des étudiants américains. Celles et ceux qui gagnent moins de 125.000 dollars par an se verront annuler 10.000 dollars de leur dette. Un montant qui pourrait aller jusqu’à 20.000 dollars pour les bénéficiaires de la subvention Pell. La pause sur les remboursements des prêts étudiants est également prolongée jusqu’à fin 2022. Un vrai soulagement pour les étudiants qui se sont criblés de dettes pour avoir la chance de suivre des études, mais cette mesure ne fait pas que des heureux.

Certains estiment que l’aide est insuffisante, d’autres sont tout simplement mécontents de ne pas pouvoir en profiter, mais des critiques volent également du côté des économistes qui voient dans cette décision un poids supplémentaire sur l’économie américaine, alors que l’inflation la tire déjà vers le bas.

Pour l’économiste de premier plan de l’administration Obama, Jason Furman, le plan d’annulation des prêts étudiants de Biden pourrait nourrir l’inflation, déjà à son plus haut niveau depuis 40 ans. « Verser environ un demi-billion de dollars d’essence sur le feu inflationniste qui brûle déjà est imprudent », a-t-il tweeté.

500 milliards de dollars sur 10 ans

Si 10.000 dollars peuvent paraitre une bouchée de pain par rapport au montant des dettes qu’ont contractées les étudiants pour poursuivre leurs études – une année peut coûter entre 10.000 et 70.000 dollars –, pour le gouvernement américain, ce plan d’annulation de dette représentera 500 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années, selon les calculs du Comité pour un budget fédéral responsable, un organisme de surveillance à but non lucratif.

Quant à Furman, il a calculé que le plan remettrait environ 250 milliards de dollars dans le portefeuille des Américains. Une bonne chose, à première vue. Sauf que d’après lui, la majorité de cet argent serait dépensée plutôt qu’épargnée, nourrissant l’inflation.

Cette hausse de la consommation pourrait avoir pour effet pervers de faire grimper les prix entre 0,1 et 0,2 point de pourcentage. Seules des hausses des taux d’intérêt de la Fed permettraient de compenser cela.

« Cela représente 150 à 200 dollars de coûts supplémentaires pour un ménage typique », a déclaré Furman. « C’est un chiffre d’inflation relativement faible », a-t-il concédé. « Mais il faudrait environ 50 à 75 points de base sur le taux des fonds fédéraux pour éteindre autant d’inflation. »

Les États-Unis, à l’image du reste du monde, ont fait face à des taux d’inflation élevés au cours de cette année, ne laissant pas les marchés boursiers de marbre. L’indice de référence S&P 500 a en effet baissé d’environ 13% jusqu’à présent, alors que les investisseurs s’inquiétaient de la stratégie poursuivie par la Fed pour faire baisser les prix. Et ils ne savent pas à quoi s’attendre lors de la prochaine réunion de la réserve fédérale américaine qui aura lieu en septembre.

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