Pourquoi McDonald’s, Nestlé et 19 autres multinationales demandent une législation plus stricte en matière de déforestation

Enseigne McDonald’s à Londres, Isopix.

Le gouvernement britannique souhaite mettre en place une loi interdisant aux grandes entreprises d’utiliser des produits provenant de terres déboisées illégalement. 21 géants de l’industrie agro-alimentaire se rebiffent : ils craignent que cela n’instaure une concurrence déloyale profitable aux plus petites entreprises. Quésaco ?

McDonald’s, Nestlé, Tesco, Unilever, Lidl : au total, 21 multinationales ont cosigné une lettre, adressée au gouvernement britannique. La raison de leur inquiétude ? La possible adoption d’une loi destinée à lutter contre la déforestation. Celle-ci interdirait aux entreprises de tirer profit des produits issus de terrains déboisés illégalement.

Les 21 signataires ne s’insurgent pas directement contre cette interdiction. Au contraire, ils demandent aux ministres britanniques… d’en faire davantage contre la déforestation. ‘Restreindre l’action à la déforestation illégale ne permettrait pas d’arrêter la disparition de nos écosystèmes naturels, d’autant plus lorsque les gouvernements disposent du pouvoir discrétionnaire de décider de ce qui est légal ou non’, écrivent-ils.

Ce qui embête surtout McDonald’s, Nestlé et compagnie, c’est que la loi telle qu’elle est prévue ne concerne que les grandes firmes. Celles-ci craignent dès lors que cela ne donne un avantage concurrentiel aux moyennes et petites entreprises, qui pourraient continuer à importer de nombreux produits provenant de terrains déboisés sans devoir rendre de compte.

Robin Willoughby, directeur de l’ONG Mighty Earth, s’est lui aussi montré défavorable au projet lancé par le gouvernement. ‘La législation proposée continuerait à autoriser la déforestation galopante dans des zones critiques telles que l’Indonésie ou le Brésil’, où une bonne partie de la déforestation est considérée comme légale. ‘Avec une Amazonie en flammes et des forêts qui sont déboisées à un rythme alarmant, la Nature ne reconnaît pas de différence entre la déforestation légale et la déforestation illégale.’