Pour sortir au plus vite de sa dépendance à la Russie, l’UE est prête à relâcher ses standards environnementaux pour les projets d’énergie renouvelable

Bien décidée à effacer au plus vite sa dépendance à l’égard des énergies fossiles russes, l’Union européenne est prête à assouplir ses réglementations en matière d’octroi de permis pour les projets d’énergie renouvelable. Une décision qui devrait permettre d’en voir émerger beaucoup plus dans un avenir proche.

D’après des projets de propositions obtenus par le Financial Times, l’Union européenne envisage de réviser ses réglementations environnementales en vue d’augmenter le nombre de projets d’énergie renouvelable au sein de ses pays membres. Concrètement, elle songe à donner son feu vert à des projets éoliens et solaires sans qu’il y ait besoin de réaliser une étude d’impact sur l’environnement de ceux-ci.

« La longueur et la complexité des procédures administratives constituent un obstacle majeur aux investissements dans les énergies renouvelables et les infrastructures connexes », souligne un des textes consultés par le média britannique.

Précision importante: cet assouplissement des règles sur l’octroi des permis ne sera valable que dans des zones désignées comme étant « go-to ». Chacun des 27 États membres devra en établir dans ses frontières, sur base d’une évaluation d’impact « stratégique ».

Ces plans pourraient « entraîner la mort ou la perturbation occasionnelle d’oiseaux et d’autres espèces protégées », lit-on toutefois dans la proposition.

Augmenter les objectifs en matière de renouvelable

Pour l’instant, l’UE s’est fixé comme objectif de produire 40% de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici à 2030. Mais cette ambition pourrait être revue à la hausse dès la semaine prochaine, avec un appel à une augmentation de 30% du taux de déploiement des projets d’énergie verte, révèle le Financial Times.

Une appétence pour le renouvelable directement liée à la volonté de l’UE de ne plus dépendre des énergies fossiles russes. Un embargo sur le charbon a été décidé le mois dernier, un boycott du pétrole est sur la table depuis la semaine dernière. Quant au gaz, certains pays européens veulent que l’UE s’en passe, mais on semble encore loin d’un consensus.

Critères pour l’hydrogène vert

En parallèle des énergies renouvelables, l’UE compte beaucoup sur l’hydrogène. Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne chargé du « Green Deal », a même déclaré mardi que ses importations était le seul substitut possible au gaz utilisé par l’industrie lourde européenne, dont la majeure partie provient de Russie. Il a fait savoir que la Commission irait « bien au-delà » des 40 gigawatts de capacité d’hydrogène vert d’ici à 2030 qu’elle vise pour l’instant.

Dans un projet consulté par le Financial Times, Bruxelles a l’intention de fixer deux critères bien précis pour octroyer le label « renouvelable » à l’hydrogène créé par électrolyse. Il faudra que sa production n’augmente pas la consommation d’électricité produite à partir de combustibles fossiles et que le processus restitue au réseau autant d’électricité renouvelable qu’il en consomme.

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