PME belges peinent à assurer la transparence salariale en l’absence de législation


Principaux renseignements

  • Les PME belges sont confrontées à une grande incertitude en raison de l’absence de cadre juridique national en matière de transparence salariale.
  • Les employeurs craignent que les comparaisons salariales ne déclenchent des conflits internes et des tensions parmi les employés.
  • Les petites entreprises ont du mal à communiquer sur l’équité salariale sans une infrastructure RH solide.

Les petites et moyennes entreprises (PME) belges sont actuellement confrontées à une grande incertitude en matière de transparence salariale. Malgré la date limite européenne du 7 juin 2026 pour la transposition de la directive correspondante dans le droit national, la Belgique n’a toujours pas mis en place de cadre juridique. Ce crée un climat d’hésitation parmi les chefs d’entreprise, comme le souligne une enquête menée en mars par SD Worx auprès de 627 PME.

Discussions salariales

Actuellement, la culture entourant les discussions salariales reste largement stagnante. Environ 80 pour cent des entreprises signalent peu ou pas de changement dans la manière dont la rémunération est abordée en interne. Près de la moitié des entreprises indiquent que les salaires ne font toujours pas l’objet de discussions, tandis que 29 pour cent observent que ces conversations ont lieu principalement dans la sphère publique ou dans les médias. Seules 15 pour cent des entreprises ont constaté une plus grande ouverture d’esprit parmi leur personnel.

Lorsque des discussions ont lieu, elles se limitent généralement à des cadres formels, tels que les réunions RH ou les évaluations annuelles de performance. Il est intéressant de noter que cette ouverture d’esprit est plus répandue en Wallonie, où 21 pour cent des personnes interrogées font état de discussions salariales sur le lieu de travail, un chiffre supérieur à celui des autres régions.

Opinions partagées sur les impacts potentiels

Les opinions sur l’impact potentiel de la transparence sont profondément divisées. Les principales inquiétudes ne découlent pas des lois elles-mêmes, mais des dynamiques interpersonnelles qu’elles pourraient déclencher.

Plus précisément, 40 pour cent des employeurs craignent que la comparaison des salaires n’entraîne des tensions parmi les employés. Parmi les autres préoccupations figurent le manque de clarté concernant les obligations de divulgation (24 pour cent), la charge administrative supplémentaire (22 pour cent) et la difficulté à gérer des barèmes salariaux complexes (22 pour cent). Des secteurs comme l’hôtellerie et les entreprises en Wallonie sont particulièrement confrontés à la complexité liée à la diversité des fonctions et des niveaux de salaire.

Absence d’une infrastructure RH solide

Jordane Houdart, spécialiste des PME chez SD Worx, note que pour les petites entreprises, le défi réside moins dans les obligations formelles de déclaration que dans la communication. La question centrale est de savoir si une entreprise est capable d’expliquer de manière convaincante le caractère équitable de ses écarts salariaux.

Si de nombreuses PME visent une rémunération équitable, elles ne disposent souvent pas de l’infrastructure RH solide que l’on trouve dans les grandes entreprises. Par conséquent, la transition vers la transparence nécessite non seulement des règles juridiques, mais aussi des conseils pratiques et une base de confiance interne pour éviter l’instabilité sur le lieu de travail.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus