Pieter De Crem: ‘Le comportement de cette bande de lâches devrait être sévèrement puni’

Pieter De Crem (CD&V)
Isopix

Les vacances parlementaires avaient pourtant bien commencé, mais le Vlaamse Belang et la N-VA en ont décidé autrement. La Commission de l’Intérieur s’est réunie en urgence ce mardi matin à la Chambre, à la demande des deux partis. Une convocation qui fait suite aux débordements survenus sur la plage de Blankenberge samedi dernier. 

La discussion de ce mardi avait pour but de tabler sur des mesures précises. Le Vlaamse Belang et la N-VA ont interpellé conjointement Pieter De Crem sur les actes de violence commis ‘par des bandes criminelles de jeunes allochtones venus de Bruxelles’. 

Récapitulatif des faits

La bagarre a eu lieu samedi en fin d’après-midi. La police avait prié des jeunes de quitter la plage faute de respecter les gestes barrières. Les jeunes ont alors rétorqué en attaquant la police avec des bouteilles, des parasols, etc. Plusieurs membres du groupe ont été arrêtés. Trois d’entre eux devaient comparaître devant le juge ce lundi. Ils pourraient être poursuivis pour voies de fait délibérées mais aussi pour coups et blessures.

Suite à cette bagarre, les communes de la Côte (Knokke, Blakenberge, de Haan et Bredene) ont bloqué leur accès aux vacanciers qui avaient l’attention de se rendre à la mer pour une journée seulement. De son côté, le Bourgmestre d’Ostende, Bart Tommelein (Open VLD) estimait regrettable que les touristes d’un jour subissent les dérives d’un groupe de jeunes. La question de l’accès et/ou de l’interdiction aux trains au sein des villes côtières avait également fait débat. 

Des sanctions? 

Ce mardi, d’autres partis se sont également joints au débat pour connaître les intentions du gouvernement fédéral et la stratégie qui sera adoptée dans la perspective du week-end du 15 août. Certains partis, même s’ils appellent à ce que toute forme de violence soit punie, nuancent les propos tenus par le Vlaamse Belang et la N-VA.  

‘Ce qui s’est passé est évidemment inacceptable’, ont déclaré les députés du PS. Mais il faut ‘éviter le populisme et prendre de la hauteur’, a affirmé le député socialiste Hervé Rigot. Eric Thiébaut a quant à lui ajouté qu’on parlait ‘d’un problème localisé dans une commune, et on a l’impression qu’on va prendre des mesures disproportionnées sur l’ensemble de la Côte, pénalisant tout le monde’. La députée Meryame Kitir (s.pa) souhaiterait quant à elle que cette mesure ne stigmatise pas ‘l’ensemble de la communauté allochtone’ pour des actes commis par quelques ‘malfrats’.

Les gares ne seront pas fermées

Pieter De Crem a quant à lui été pointé du doigt à plusieurs reprises. On lui a reproché d’avoir sous-estimé l’afflux des touristes. ‘Nous avons tiré la sonnette d’alarme. Pourquoi n’avez-vous pas vu cela venir? Pourquoi avez-vous laissé les choses suivre leur cours? Vous n’avez rien fait et avez gardé un silence assourdissant. Vous nous laissez étouffer sur la Côte’, a déclaré Björn Anseeuw (N-VA).

Le ministre de l’Intérieur envisage une interdiction aux émeutiers sur la Côte belge et souhaite agir rapidement. Il estime en effet que ‘le comportement de cette bande de lâches devrait être sévèrement puni’,  comme on pouvait le lire sur Twitter. 

Pieter De Crem ne compte toutefois pas fermer les stations. ‘Tout le monde a le droit d’y aller. Personne ne devrait être puni pour la mauvaise conduite d’un groupe de jeunes qui a déraillé’, a-t-il déclaré. François Bellot, le ministre des Transports, a convoqué une réunion qui se tiendra aujourd’hui à 15h pour tabler sur une décision. La gouverneure par intérim de Flandre-Occidentale, Anne Martens, souhaite au minimum qu’un accord sur l’arrêt de la circulation des trains vers la Côte lorsque les plages sont complètement remplies soit établi.