Parfum de crise au sein de la Vivaldi: le PS et Ecolo posent un ultimatum

Alors que le gouvernement à fort à faire avec la double crise – sanitaire et inondations – un autre dossier déchaine les passions. Près de 500 sans-papiers menacent de poursuivre une grève de la soif après une grève de la faim qui dure depuis des semaines maintenant. Le Parti socialiste en fait une question de gouvernement. Un peu plus tard, Ecolo a suivi.

Le bureau de parti ce lundi au boulevard de l’Empereur a entériné l’annonce du vice-premier socialiste Pierre-Yves Dermagne au Premier ministre: s’il devait y avoir un seul décès parmi les sans-papiers, « les ministres et les secrétaires d’État socialistes remettront leur démission », indique Le Soir.

Une bombe à retardement. Car sans le Parti socialiste, la Vivaldi n’a pas plus de majorité. Or, tant les libéraux que les démocrates-chrétiens, d’où est issu le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Sammy Mahdi, s’opposent à une régularisation groupée des sans-papiers. Une telle manière de procéder n’est pas reprise dans l’accord du gouvernement: pas question de déroger au droit pour ces personnes qui ont déjà épuisé tous les recours possibles et ont été priées de quitter le territoire. Mais les socialistes (francophones), soutenus par Ecolo et Groen en font une question de principe: pas question de mourir pour des papiers.

D’ailleurs un peu plus tard sur les réseaux sociaux, Jean-Marc Nollet, le co-président d’Ecolo, a annoncé que ses ministres imiteraient les socialistes si la question n’était pas définitivement réglée. Ecolo l’a également annoncé au Premier ministre lors du kern dimanche. Une décision qui devait, semble-t-il, rester secrète à priori. C’est pourquoi Ecolo, pas enchanté, a réagi après que la position du PS soit rendue publique.

Pour l’heure, la ligne de Sammy Mahdi reste la même : il reconnait que la situation est dramatique, mais il ne veut pas se plier à une régularisation groupée et veut faire du cas par cas. « Sinon, demain, il risque d’y avoir des grèves de la faim dans toutes les églises du pays », a-t-il encore appuyé ce dimanche.

La réponse de Pierre-Yves Dermagne est la suite indirecte d’un tweet du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration qui a fait polémique le 25 mai dernier déjà: « Avant tout, espérons que personne ne mourra de faim. J’espère que je n’aurai pas à prouver à quel point j’ai des principes. »

Bras de fer

Il y a environ 150.000 sans-papiers en Belgique. Par le passé, deux vagues de régularisations massives ont eu lieu, c’était en 2000 et en 2009, dans deux coalitions qui penchaient à gauche. L’intention est de donner à ces personnes, qui vivent et travaillent généralement en Belgique depuis des années, une vie meilleure.

Lors des négociations fédérales, dans les prémisses de la coalition Vivaldi (à l’époque Arc-en-ciel), Paul Magnette a tenté de placer dans ses textes une phrase qui parlait de telles régularisations collectives, mais les libéraux et les démocrates-chrétiens ont expressément demandé que cette ligne soit retirée.

La question est maintenant de savoir si un accord de gouvernement doit être respecté à la virgule près. Un vrai bras de fer se joue au sein de la Vivaldi, qui démontre une nouvelle fois son éclatement idéologique. Mais ce bras de fer ne peut durer plus longtemps. Alexander De Croo va devoir trancher et trouver un compromis.

Sammy Mahdi, de son côté, va envoyer sur place Dirk Van den Bulck, le Commissaire général aux réfugiés et aux apatrides, qui conseillera et orientera les grévistes pour que leur dossier soit traité individuellement. « Toute personne qui souhaite déposer un dossier de régularisation peut le faire sur place. Normalement, les gens doivent s’adresser aux services de la ville ou de la commune », a fait savoir le secrétaire d’Etat. Le président du MR a lui appelé au calme et au « sang froid » de ses partenaires.

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