« Notre produit, nos règles »: après l’Allemagne et l’Italie, c’est la France qui reçoit désormais moins de gaz russe

Alors que la Russie a déjà coupé son approvisionnement en gaz vers plusieurs pays européens, elle semble désormais cibler les plus grandes économies du bloc. Ce jeudi, c’est au tour de la France d’être touchée.

Ce jeudi, en fin de journée, Engie a annoncé avoir constaté une réduction des livraisons de gaz russe. Dans un communiqué, le groupe énergétique français a toutefois assuré que cela n’impacterait pas l’approvisionnement de ses clients.

« Nous suivons cette situation avec attention », a commenté Engie.

Le discours de Gazprom change

En début de semaine, c’est l’Allemagne qui avait indiqué recevoir moins de gaz russe. Mercredi, l’Italie avait signalé pareil problème. Ce jeudi, en plus de la France, l’Autriche a rapporté une (nouvelle) baisse des livraisons, de l’ordre de 35%.

Officiellement, selon Gazprom, la réduction des livraisons de gaz russe est liée à des difficultés avec des turbines du groupe allemand Siemens provoquées par les sanctions occidentales. Cela aurait contraint le géant russe de baisser ses livraisons via le gazoduc Nord Stream.

C’est en tout cas les raisons qu’avait invoquées Gazprom en milieu de semaine. Ce jeudi, son discours a été quelque peu différent.

« Notre produit, nos règles. Nous ne jouons pas selon des règles que nous n’avons pas faites », a déclaré Alexeï Miller, le patron de Gazprom, lors du forum économique de Saint-Pétersbourg. « Aujourd’hui, il n’y a aucun moyen de résoudre » cette situation, a-t-il ajouté, assurant que « Siemens reste silencieux ». « Oui, nous avons une diminution des approvisionnements vers l’Europe », a-t-il commenté, assurant que « dans un avenir très proche, la demande de gaz naturel liquéfié sur le marché Asie-Pacifique va croître ».

En guise de conclusion, Miller a lancé une pique aux pays européens, assurant qu’ils « ont dit que les contrats à long terme ne sont pas nécessaires, donc ils ne sont pas nécessaires… » « Nous avons rempli nos obligations envers vous », a-t-il déclaré.

À ce train-là, faudra-t-il toujours un embargo ?

Pour rappel, depuis le début de la guerre en Ukraine, les pays européens ont décidé de se distancer progressivement des énergies fossiles russes, décrétant notamment un embargo progressif sur le pétrole au début du mois. Le débat fait rage, mais certains plaident également pour abandonner au plus vite le gaz russe.

Visiblement, Moscou n’attend pas qu’ils se mettent d’accord, puisqu’elle ralentit (voire coupe) elle-même les livraisons. Ainsi, des pays tels que la Pologne, la Bulgarie, les Pays-Bas et le Danemark ne reçoivent déjà plus du tout de gaz en provenance de Russie car ils ont refusé de payer leurs commandes en roubles, comme l’a décrété Vladimir Poutine fin mars.

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