Le plus grand exportateur de GNL au monde souffre, lui aussi, de la pénurie de gaz

L’Australie est le premier exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Un statut qui suggère que le pays ne puisse être en difficulté pour approvisionner sa population en gaz. Pourtant, à l’image d’autres pays du globe, l’Australie fait face à une crise de l’énergie, en raison d’une « tempête parfaite » de facteurs.

Les Australiens ont vu leur facture énergétique grimper en flèche ces dernières semaines, et ce, tant au niveau de l’électricité que du gaz. Une situation plutôt étonnante pour le plus grand exportateur de gaz naturel liquéfié et qui serait le résultat d’une « tempête parfaite » de facteurs, selon le ministre australien des Finances, Jim Chalmers.

Le pays a fait face à une vague de froid, ce qui a poussé la population a augmenté le chauffage et donc, a augmenté la demande de chauffage. Plusieurs centrales électriques au charbon ont été victimes de pannes, réduisant leur production. Enfin, les efforts des pays européens pour se défaire des approvisionnements énergétiques russes tendent le marché mondial du GNL. Ces derniers se sont d’ailleurs jetés sur les unités de regazéification de réserve, à savoir les navires qui stockent le GNL et le transforment en gaz naturel en cas de besoin, comme l’explique Quartz, mettant l’Australie dans une situation difficile.

Le plus exportateur de GNL victime d’une pénurie de gaz

Une telle affirmation semble contre-intuitive et pourtant, l’Australie, plus grand exportateur de gaz naturel liquéfié au monde, souffre effectivement d’un manque de gaz. Dans les faits, cela n’est pas si surprenant que cela, car en dehors des raisons citées plus haut, d’autres facteurs, plus anciens encore, ont joué dans la balance et accentué la pénurie.

La crise énergétique à laquelle fait face le monde depuis l’invasion russe de l’Ukraine n’est évidemment pas étrangère à la situation, de même que la situation géographique des principaux gisements de gaz naturel, très éloignés des principales villes du pays, notamment Sydney et Melbourne, mais pour le rédacteur économique Ian Verrender de l’Australian Broadcasting Corporation, le problème dure depuis plusieurs années.

« Une crise du gaz qui dure depuis 15 ans »

Il estime en effet que la pénurie de gaz dont souffre le principal exportateur de GNL au monde repose en partie sur le manque critique d’investissement dans la production d’énergie dans le pays, mais aussi sur la mauvaise gestion des exportations de gaz vers le marché extérieur. Contrairement à l’État d’Australie occidentale qui exige que les projets de développements d’exportation de gaz réservent 15% pour le marché intérieur, les États de l’Est ont donné carte blanche aux entreprises énergétiques locales et multinationales pour exporter autant de gaz qu’elles le souhaitent, a expliqué Verrender. Ainsi, 75% de la production de gaz australien est exportée.

Un avis qu’il n’est pas le seul à avoir. Plusieurs analystes estiment en effet que la proportion de gaz exporté est beaucoup trop élevée par rapport à ce qui est conservé pour le marché intérieur. Et appliquer des mesures pour tenter de contrer la pénurie de gaz et limiter la hausse des prix de l’énergie ne règlera pas le fond du problème.

« L’Australie n’a pas de problème d’approvisionnement en gaz. [Elle] a un problème d’exportation de gaz », comme l’a si bien souligné l’un des chercheurs du programme sur le climat et l’énergie de l’Institut australien.

Les dirigeants de l’État de l’est de l’Australie doivent mettre en place une politique de réserve de gaz, à l’image de ce qu’ont fait leurs homologues de l’ouest du pays, et ainsi éviter les pénuries, mais aussi les hausses de prix.

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