Ce mardi, la Russie ferme le robinet de gaz aux Pays-Bas, mais ça ne choque pas les marchés

Dès ce mardi, Gazprom arrêtera de livrer du gaz aux Pays-Bas. Mais la nouvelle n’est pas vraiment une onde de choc chez nos voisins : le fournisseur en question s’y est déjà préparé.

Le petit jeu de Poutine, pour faire craquer le front commun européen, a fonctionné auprès de certains clients, comme les Italiens, mais pas auprès de tous. Certains, comme la Pologne et la Bulgarie, ont décidé de ne pas céder et de ne pas ouvrir un compte en roubles auprès de Gazprombank. Action – réaction : la Russie a arrêté les livraisons.

Nos voisins du nord n’ont pas reculé devant la menace de Poutine non plus. Et comme conséquence, ce mardi, Gazprom cessera de livrer du gaz aux Pays-Bas. Mais ils n’ont pas froid aux yeux. Le fournisseur en question, GasTerra, indique sur son site qu’il a déjà acheté du gaz ailleurs, mais n’indique pas où.

« GasTerra ne se pliera pas aux exigences de paiement de Gazprom. En effet, ce faisant, elle risquerait d’enfreindre les sanctions imposées par l’UE et les risques financiers et opérationnels associés à la voie de paiement exigée sont trop nombreux. En particulier, l’ouverture de comptes à Moscou en vertu du droit russe et leur contrôle par le régime russe représentent un trop grand risque pour l’entreprise de Groningue », invoque-t-elle comme raison.

15%

Les Pays-Bas sont un pays producteur de gaz naturel, grâce au gisement de Groningue. Le gaz russe représente environ 15% de l’approvisionnement néerlandais, soit six milliards de mètres cubes par an. Avec le contrat interrompu du côté de Gazprom, deux millions de mètres cubes de gaz ne seront pas livrés. Ils étaient prévus d’être livrés d’ici le premier octobre. GasTerra indique avoir maintes fois rappelé à Gazprom de respecter les engagements contractuels.

« Il est impossible de prévoir comment la perte de deux milliards de mètres cubes de gaz russe affectera la situation de l’offre et de la demande et si le marché européen peut absorber cette perte d’approvisionnement sans conséquences graves », continue GasTerra. Mais dans un premier temps, la bourse d’Amsterdam (où sont négociés les contrats du gaz et donc forgés les prix) a plutôt bien digéré la nouvelle : après une première secousse, le prix est retombé à son niveau d’avant l’annonce, rapporte ANP.

A échelle des Pays-Bas, cette perte est donc assez relative, comme GasTerra a déjà pu se fournir ailleurs et ainsi court-circuiter l’arrêt des livraisons de Gazprom. Les Pays-Bas, et l’Europe en général, veulent de toute manière se débarrasser du gaz russe : nos voisins du nord y sont ainsi arrivés plus vite que prévu.

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