Mike Bloomberg utilise le travail carcéral pour sa campagne électorale

Isopix

Le milliardaire candidat à la présidence des États-Unis Michael Bloomberg a déclaré que sa campagne avait utilisé ‘sans le savoir’ des employés de prison pour passer des coups de fil aux électeurs en son nom.

C’est une information qui a l’effet d’une bombe dans les médias américains. Et il y a de quoi: certains pensaient enfin tenir leur candidat irréprochable pour battre Donald Trump aux prochaines élections présidentielles. Ils doivent déchanter. Tout comme Bloomberg, qui a réalisé lors de son entrée dans la course en novembre l’un des plus importants achats de publicités politiques. Publicité qui a désormais tourné…

Le milliardaire a annoncé lui-même le pot-aux-roses, indiquant qu’il avait coupé les liens avec un fournisseur exploitant deux centres d’appel dans des prisons d’État, comme le rapporte la BBC. Il a précisé qu’il n’avait appris l’utilisation du travail en prison par la société qu’après avoir reçu un appel d’un journaliste. Sachant que Mike Bloomberg est le fondateur et propriétaire de l’agence de presse du même nom, on se dit qu’il aurait pu tout de même mieux s’informer au préalable…

‘Pas au courant’

Pour sa défense, le candidat a choisi de nier toute connaissance de l’affaire, comme on le fait bien souvent quand on est pris la main dans le sac. Dans un tweet, Stu Loeser, le porte-parole de longue date de Bloomberg, a déclaré que la campagne ‘ne savait pas qu’un vendeur d’un vendeur d’un vendeur utilisait le travail de prison’.

‘Nous ne soutenons pas cette pratique et nous nous assurons que nos fournisseurs contrôlent plus correctement leurs sous-traitants à l’avenir’, a aussitôt déclaré l’ancien maire de New York.

1,45 dollar de l’heure

Selon The Intercept, le premier média a avoir rapporté cette information, Bloomberg a engagé la société de centre d’appels ProCom pour passer des appels téléphoniques dans le cadre de sa campagne. Un des deux centres pénitentiaires concernés par ce fournisseur tiers est une prison pour femmes à sécurité minimale d’une capacité de plus de 900 détenues. Et que gagnent-elles pour passer des appels au nom du milliardaire Bloomberg? Environ 1,45 dollar de l’heure selon CBS, soit 1,31 euros.

Aux États-Unis, le treizième amendement permet le travail forcé des prisonniers contre leurs crimes. Si certaines tâches sont volontaires, d’autres le sont moins et passibles de punitions en cas de non-respect. Le ‘travail de prison’ est largement utilisé par des entreprises américaines car il offre une alternative à la main-d’œuvre bon marché des pays étrangers… en toute légalité.

Si les partisans de cette pratique allèguent qu’elle favorise l’économie locale et contribue à réduire les récidives en fournissant aux détenus des compétences et un revenu, les critiques affirment que le travail des prisonniers est une forme d’exploitation au profit du secteur privé. Et désormais, de la politique nationale.

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