Malgré la guerre en Ukraine, la Norvège et la Russie poursuivent leur coopération frontalière et s’en félicitent: « Cela sert les deux parties »

Depuis le début de la guerre en Ukraine, nombre de pays européens annoncent couper les ponts avec la Russie. Chacun à des degrés différents, bien sûr. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les coopérations sont stoppées. C’est notamment le cas de la collaboration russo-norvégienne en matière de protection de leurs côtes et frontières.

La semaine dernière, Yngve Odlo, le chef du Joint Operations Headquarters (JOH) – une branche des forces armées norvégiennes -, a rencontré le lieutenant général Stanislav Maslov, chef du Border Directorate du FSB, l’une des figures du renseignement russe. La rencontre s’est déroulée à Boris Gleb, en Russie, à environ cinq kilomètres de la station frontalière entre la Norvège et la Russie, révèle le média norvégien High North News.

Depuis l’annexion de la Crimée en 2014, en tant que membre de l’OTAN, la Norvège a suspendu toute coopération militaire avec la Russie. Mais ça n’empêche pas les deux pays de poursuivre leurs activités de coopération bilatérale liées aux garde-côtes et garde-frontières. Parmi leurs prérogatives figurent la gestion des poissons, la recherche et le sauvetage, la préparation à la protection contre les déversements d’hydrocarbures, la surveillance de la navigation, ainsi que l’alerte mutuelle et l’échange d’informations sur les conditions susceptibles de constituer une menace pour l’environnement et les ressources naturelles partagées, comme par exemple les activités illégales.

Le menu de la rencontre de la semaine dernière – la première en 2022 – comprenait la coordination russo-norvégienne des activités liées aux garde-côtes, à la patrouille frontalière, ainsi qu’à la recherche et au sauvetage dans le Grand Nord.

« La réunion a été constructive et s’est déroulée de manière professionnelle, dans le respect des missions de chacun », a déclaré le lieutenant-colonel et porte-parole du JOH Ivar Moen.

« Une relation stable dans le Grand Nord sert les deux parties »

Face au contexte ultra-tendu, Moen a tenu à justifier la poursuite de cette coopération. « Il y a un large consensus sur le fait qu’une relation stable et prévisible dans le Grand Nord sert bien les deux parties ; tout comme le maintien des canaux de communication et la poursuite des accords sur lesquels cette coopération frontalière est fondée », a expliqué le responsable norvégien.

La coopération entre le JOH et la Direction des frontières russes s’inscrit dans le cadre d’une coopération frontalière bien établie entre la Norvège et la Russie, fondée sur un accord de démarcation de la frontière entre les deux pays datant de 1949. Cet accord facilite un dialogue ouvert et de qualité entre les forces de contrôle frontalier et les commissaires aux frontières, tant du côté norvégien que du côté russe, note le média norvégien.

« Cette coordination est importante pour éviter les malentendus et promouvoir la stabilité dans la région, également dans la situation actuelle », ont tenu à rappeler les forces armées norvégiennes.

Depuis 1988, la Norvège et la Russie organisent chaque année l’exercice Barents, une formation et un exercice conjoints dans le domaine de la recherche et du sauvetage, ainsi que de la lutte contre la pollution par les hydrocarbures. La réunion de planification de l’exercice de cette année a été reportée. Celui-ci est normalement prévu pour juin.

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