L’UE se prépare à donner au Royaume-Uni des conditions commerciales moins avantageuses qu’au Japon ou au Canada

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Si le Brexit est en bonne voie sur le plan juridique, le plus compliqué reste à faire: établir de nouvelles relations commerciales entre l’UE et le Royaume-Uni. D’après les premières fuites, rapportées par le Telegraph, les barrières douanières et tarifaires seront plus dures que pour des pays comme le Canada et le Japon.

Sortir de l’UE est une erreur et la Commission européenne entend le faire comprendre. Habituellement, l’UE applique aux pays étrangers un accord de reconnaissance mutuelle (ARM). Il permet d’établir des relations commerciales avantageuses pour faciliter la libre circulation de marchandises dans certains secteurs clés.

Le Telegraph a appris que l’Europe ne compte pas forcément appliquer ce genre d’accord avec le Royaume-Uni, en tout cas sur certains secteurs. Une décision qui a surpris plusieurs Etats-membres.

Deux sources ont confirmé l’approche de l’UE dans les négociations. Elles visent particulièrement le secteur de la médecine et de l’automobile. Le but est d’empêcher le Royaume-Uni d’avoir le beurre et l’argent du beurre, en profitant de l’accès au marché européen sans ses contraintes.

‘Pourquoi nous précipiterions-nous pour fournir au Royaume-Uni un avantage concurrentiel, et dans le même temps, lui permettre d’être un laboratoire de test autorisé sur nos côtes?’, fustige une source.

Bras de fer

Il s’agit pour le moment d’une simple menace. Le but est évidemment de faire plier le Royaume-Uni pour qu’il ne demande pas trop d’exceptions aux règles européennes. Notamment concernant la politique de subventions publiques et les contrôles environnementaux.

Le jeu est serré. Car les Britanniques sont déjà occupés à négocier des accords bilatéraux. Comme c’est le cas avec les États-Unis. À Davos, le président Trump s’est d’ailleurs déclaré ‘impatient de négocier un nouvel accord formidable’ avec le Royaume-Uni.