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L’UE présente ses excuses à l’Italie, et après ?

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Crise du coronavirus

02/04/2020 | Sonia Romero | 7 min de lecture

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. (EPA-EFE/FRANCOIS LENOIR)

Dans une lettre parue dans la presse italienne, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a présenté ses excuses à l’Italie. Elle l’avoue sans détour : beaucoup d’Etats ont d’abord placé leurs problèmes nationaux avant de songer à une réponse commune face à la crise sanitaire. Mais que peut vraiment espérer le pays le plus touché d’Europe?

‘Je vous présente mes excuses, nous sommes avec vous’, tel est le titre de cette tribune exceptionnelle d’Ursula von der Leyen dans le quotidien La Repubblica à l’intention du peuple italien. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit des responsables politiques faire leur mea-culpa, mais il est vrai que la situation est tout aussi exceptionnelle. ‘Aujourd’hui, l’Europe se mobilise aux côtés de l’Italie. Mais cela n’a pas toujours été le cas’, ajoute-t-elle.

Non, ça n’a pas toujours été le cas. Pas plus tard que la semaine dernière,  l’Italie accusait les autres nations de réagir trop timidement au choc économique. Lors d’un sommet européen en vidéoconférence, le pays le plus touché par l’épidémie de coronavirus déclarait que ‘les conséquences du covid-19 ne devaient pas être traitées dans les prochains mois, mais dès demain matin’. Une Europe ‘laide’ et ‘morte’, telle était la réaction le lendemain dans la presse italienne.

La communication non dissimulée des aides médicales en provenance de Russie et de Chine plongeait l’Europe dans la honte. Le récent apport de la Turquie dans la Botte a servi d’ultime provocation.

‘Si nous sommes une Union, le temps est venu de le prouver’, annonçait cette semaine le Premier ministre italien Giuseppe Conte dans l’hebdomadaire allemand Die Zeit. À bon entendeur.

Quelles solutions?

Il toutefois faut différencier Europe et États.

‘Au début de la crise, face au besoin d’une réponse européenne commune, beaucoup trop n’ont pensé qu’à leurs problèmes nationaux’, a déclaré Ursula von der Leyen. La présidente de la Commission estime que l’Europe a réagi en détaillant les initiatives pour aider les pays les plus touchés. L’UE devrait ainsi ‘allouer jusqu’à 100 milliards d’euros aux pays les plus durement touchés, à commencer par l’Italie, pour compenser la baisse des revenus de ceux dont les horaires de travail sont affectés’.

Elle assure également que l’Europe s’est accordée sur ‘des prêts garantis par tous les États membres, ce qui démontre la solidarité européenne. Chaque euro encore disponible dans le budget annuel de l’UE sera dépensé pour régler cette crise’, a-t-elle encore affirmé. Lundi dernier, l’ensemble des États membres a définitivement approuvé un fonds à 37 milliards d’euros pour amortir le choc du coronavirus. À l’exception d’une Belgique qui s’est faite remarquer dans ce dossier.

Les Pays-Bas changent de ton

Mais pour libérer ces aides, il faut l’accord des Etats à l’unanimité. Soit un vieux problème du continent.

À cet égard, les Pays-Bas semblent faire machine arrière dans leur réaction. La semaine dernière, ils s’opposaient (avec l’Allemagne et l’Autriche) aux ‘corona bonds’, dont le principe était d’emprunter en commun auprès des institutions à un taux très bas. Mais au-delà de cette initiative franco-belge, nos voisins du nord ne voulaient pas assumer les risques pris par d’autres États en difficulté, en visant globalement l’Europe du Sud.

Un rejet qui a provoqué la colère d’autres pays membres. Le Premier ministre portugais Antonio Costa a notamment fustigé le ministre néerlandais des finances pour ses commentaires ‘répugnants’ et ‘insensés’. Ce dernier ayant déclaré que l’Italie et l’Espagne devraient faire l’objet d’une enquête pour ne pas avoir une marge de manœuvre budgétaire suffisante pour faire face à la crise.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a corrigé le tir. À sa façon. Son gouvernement veut faire ‘un cadeau’ aux pays du sud de l’Europe particulièrement impactés… dont l’Italie et l’Espagne. Le premier compte le plus grand nombre de décès dans le monde (plus de 13.000) et le second enregistre sa plus forte hausse mensuelle du chômage de tous les temps.

Les Pays-Bas ont donc dévoilé ce mercredi un plan pour un ‘coronafund’, un panier commun rempli de contributions des États membres. ‘Il ne s’agit pas de prêts ou de garanties, mais de cadeaux pour aider les personnes dans le besoin’, a expliqué Mark Rutte aux législateurs.

Il emboîte ainsi le pas ‘bienveillant’ du ministre français des Finances Bruno Le Maire, qui plaidait hier pour un nouveau fonds de sauvetage européen d’une durée limitée de cinq à dix ans.

Le Français enchaîne aujourd’hui par une déclaration presque sentimentale à l’intention des deux pays les plus touchés: ‘Siamo tutti italiani. Todos somos España. Nous sommes tous Européens’. Et au ministre des Finances Alexander De Croo de saisir à son tour la balle au bond. L’Europe doit changer sa communication et agir pour se sauver la face. Tout le monde semble l’avoir bien compris.

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Source: BusinessAM


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