Le nouveau plan de la Commission européenne pour relancer l’économie

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. (EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ)

La Commission européenne va proposer un nouveau plan de relance, comprenant des modifications du budget de l’UE, afin d’aider le bloc à se remettre des dommages économiques causés par la pandémie de coronavirus. Dans un autre dossier, la Belgique s’isole.

‘Pour assurer la reprise, la Commission proposera des changements dans la proposition de CFP (cadre financier pluriannuel) qui permettront de faire face aux retombées de la crise du coronavirus’, a indiqué samedi 28 mars Ursula von der Leyen, présidente de l’institution. Il s’agit du budget à long terme de l’Union européenne.

‘Il comprendra un ensemble de mesures de relance qui garantiront le maintien de la cohésion au sein de l’Union grâce à la solidarité et à la responsabilité’, a-t-elle ajouté. ‘À ce stade, la présidence n’exclut aucune option dans les limites du traité’.

Échecs en série

Le mois dernier, les dirigeants européens ont échoué à trouver un accord concernant la prolongation du prochain plan budgétaire septennal (de 2021 à 2027). Une fois n’est pas coutume, ils n’ont également pas pu s’accorder sur le montant que chaque secteur devrait recevoir, indique Euractiv. La semaine dernière, un groupe de législateurs au Parlement européen demandait à la Commission d’actualiser sa proposition de budget pour cette période.

‘La situation actuelle a très peu de choses en commun avec celle d’il y a presque deux ans, lorsque la proposition de CFP 2021-2027 a été présentée’, ont déclaré le président et les coordinateurs des groupes politiques de la commission des budgets du Parlement européen.

Pendant ce temps, l’épidémie gagne du terrain en Europe, qui représente désormais les deux tiers du nombre total de décès dans le monde: plus de 21.300 sur un total mondial d’environ 30.000. Et menace sévèrement l’économie de la région.

La récession en zone euro sera ‘considérable’, avait déjà indiqué la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde. Pourtant, un sommet européen entre les 27 Etats membres pour trouver une solution économique commune s’est (de nouveau) soldé par un échec jeudi soir, révélant des désaccords entre pays du Nord et du Sud. Ils ont toutefois demandé au bloc de nations de l’Eurogroupe de présenter des propositions le mois prochain.

‘La Commission participera à ces discussions et est prête à apporter son aide, si elle est soutenue par l’Eurogroupe’, a déclaré pour sa part Ursula von der Leyen. ‘En parallèle, la Commission travaille sur des propositions pour la phase de relance dans le cadre des traités existants.’ En espérant qu’il ne soit pas trop tard. ‘Les conséquences du Covid-19 ne doivent pas être traitées dans les prochains mois mais dès demain matin’, avait déclaré le Premier ministre italien Giuseppe Conte lors de la vidéoconférence.

Autre dossier: la lettre ouverte de neuf chefs d’État européens sur les corona-bonds qui n’a pas suscité un grand enthousiasme et qui laisse l’impression d’une Europe à plusieurs vitesses.

La Belgique esseulée

En parallèle, les États membres se sont accordés sur un fonds à 37 milliards d’euros. Ce lundi, l’ensemble des États a définitivement approuvé ces mesures énoncées le 10 mars dernier à une exception: la Belgique qui s’est abstenue.

La N-VA remet en cause ce plan qui sanctionne les bons élèves, et dont la répartition n’est pas à son goût, à l’intérieur de nos frontières, comme on vous l’expliquait dans un précédent article.

L’enveloppe bénéficierait en fait surtout à l’Espagne et à la Pologne. De plus, les 36 millions qui concernent la Belgique seraient mal répartis de par la nature de ces fonds:

  • 4,3 millions pour Bruxelles
  • 6,5 millions pour la Flandre
  • 9,6 millions pour la Communauté française
  • 16 millions pour la Wallonie

Bref, les Etats européens doivent s’accorder entre eux et la Belgique doit elle s’accorder avec elle-même.

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