Principaux renseignements
- Les entrées illégales sur le territoire de l’UE ont chuté de 35 pour cent au début de l’année 2026.
- L’activité dans la Méditerranée occidentale a fortement augmenté, les migrants ayant réorienté leurs itinéraires vers l’Algérie.
- Le renforcement des contrôles et la nouvelle politique de l’UE sont à l’origine de ces baisses générales.
Selon les données publiées par Frontex, l’agence européenne des frontières, le nombre de franchissements illégaux des frontières a baissé de 35 pour cent au cours des huit premiers mois de cette année.
Les premières estimations font état d’environ 75 000 interpellations, soit une baisse d’environ 40 000 par rapport à la même période en 2025. Même pendant le pic habituel de fin d’été, en août, les détections ont baissé de 38 pour cent par rapport à l’année précédente, pour un total d’environ 10 700.
Hausse de l’activité en Méditerranée occidentale
Alors que la plupart des principaux couloirs migratoires ont connu une baisse d’activité, la Méditerranée occidentale, menant à l’Espagne continentale, aux îles Baléares et aux enclaves de Ceuta et Melilla, a enregistré une hausse de 34 pour cent, atteignant environ 15 900 interpellations. Ce chiffre exclut un afflux massif d’environ 72 000 personnes à Ceuta les 30 et 31 juillet ; Frontex a noté qu’il était difficile d’obtenir un décompte précis de cet événement, car de nombreux migrants sont retournés au Maroc avant d’être enregistrés.
De plus, le nombre d’arrivées par voie terrestre à Ceuta et Melilla a considérablement augmenté depuis le début de l’année, Ceuta ayant enregistré plus du double d’arrivées par rapport à 2025.
Baisse sur les principales routes
En revanche, les routes de la Méditerranée centrale et orientale, qui représentent ensemble près de 60 pour cent de l’ensemble des mouvements, ont enregistré des baisses significatives. Les détections sur la route centrale vers l’Italie et Malte ont chuté de 55 pour cent pour s’établir à 19 400, tandis que celles sur la route orientale vers la Bulgarie, Chypre et la Grèce ont baissé de 25 pour cent pour atteindre 24 200, cette dernière restant toutefois la voie la plus empruntée.
La baisse la plus marquée a été observée sur la route atlantique vers les îles Canaries, où une diminution de 58 pour cent a été enregistrée. Des chiffres en baisse ont également été signalés le long des frontières terrestres orientales de l’UE et dans les Balkans occidentaux. Les données spécifiques concernant la Manche ont fait état d’une baisse de 43 pour cent, avec 26 600 interpellations.
Causes de la tendance à la baisse
Frontex suggère que cette tendance générale à la baisse résulte de stratégies préventives et du renforcement des partenariats avec les pays d’origine. L’agence estime que le renforcement des contrôles dans la Méditerranée centrale, aux îles Canaries et au Maroc a entraîné un déplacement des activités de trafic vers l’Algérie.
En conséquence, l’Algérie est devenue le principal point de départ pour les personnes se rendant en Espagne et aux Baléares.
Nouveaux cadres politiques
Ces statistiques recensent le nombre de cas détectés plutôt que le nombre de personnes individuelles, ce qui signifie que certaines personnes peuvent être comptées plusieurs fois. Malgré la baisse du nombre de traversées, le nombre de victimes reste élevé. Se référant à l’Organisation internationale pour les migrations, Frontex a signalé cette année plus de 1 800 décès en Méditerranée.
Cette période marque également le premier été complet sous le Pacte de l’UE sur la migration et l’asile, entré en vigueur le 12 juin et qui impose une procédure de contrôle uniforme pour toutes les arrivées aux frontières extérieures. (lv)
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