Principaux renseignements
- L’Espagne demande une aide d’urgence de l’UE pour faire face à la crise migratoire à Ceuta.
- Les autorités locales avertissent que la ville a atteint son point de rupture.
- Les forces de sécurité déploient des technologies de surveillance de pointe pour empêcher les arrivées massives.
Confrontées à une crise humanitaire et sécuritaire critique, les autorités espagnoles sollicitent l’aide d’urgence de la Commission européenne. Le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a demandé des ressources supplémentaires à Europol, Frontex et à l’Agence européenne pour l’asile afin d’organiser le contrôle et la prise en charge des migrants qui séjournent actuellement illégalement dans l’enclave nord-africaine de Ceuta. C’est ce que rapporte Euronews.
Madrid demande notamment à l’Agence européenne pour l’asile (EAA) un soutien linguistique et une aide pour mener les entretiens avec les migrants. Parallèlement, elle sollicite la prolongation jusqu’au début du mois de septembre de l’opération Minerva, une initiative conjointe de la police espagnole et de Frontex, afin de stabiliser la région.
Autorités locales mettent en garde contre un point de rupture
Les autorités locales de Ceuta ont exprimé leur profonde inquiétude, l’Assemblée municipale ayant déclaré que le territoire était proche d’un point de rupture. Le président Juan Vivas a averti que la stabilité de la communauté avait été bouleversée suite à l’arrivée d’environ 72 000 migrants en provenance du Maroc au mois de juillet.
Alors que le gouvernement central affirme que la majorité de ces personnes sont reparties, des milliers d’entre elles restent dans les rues et sur les plages, ce qui a conduit à l’instauration de l’état d’urgence. En conséquence, l’Assemblée a exhorté le gouvernement central à accélérer le rapatriement légal de ceux qui sont entrés illégalement dans la ville.
Mesures de sécurité
Afin d’empêcher de nouvelles arrivées massives, le ministère de l’Intérieur met en œuvre une stratégie de sécurité musclée. Celle-ci comprend le déploiement de drones, de robots sous-marins et d’embarcations légères, ainsi que l’extension physique des brise-lames et l’installation de bouées de confinement maritimes.
En raison des contraintes d’espace importantes au sein de la ville, le traitement administratif des migrants devrait passer à des systèmes numériques.
Troubles civils
La crise a entraîné d’importants troubles civils, au cours desquels des affrontements violents ont éclaté entre les habitants et la police lors de manifestations anti-migrants. Selon certaines informations, les biens de certains migrants auraient été incendiés lors de ces manifestations et plusieurs personnes auraient été interpellées à la suite d’attaques contre les forces de l’ordre et les militaires.
Alors que des groupes politiques de droite réclament l’expulsion immédiate et massive de tous les migrants, le ministre Grande-Marlaska a condamné ce type de discours, le qualifiant d’incitation à la haine. Il a déclaré que le gouvernement devait examiner chaque cas individuellement afin de distinguer les personnes éligibles à l’asile de celles qui seront expulsées. Il a par ailleurs souligné que les mineurs non accompagnés nécessitaient des mesures de protection spécifiques. (lv)
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