À Ceuta, des migrants protestent contre leurs conditions de vie et demandent l’asile


Principaux renseignements

  • Les migrants de l’enclave espagnole de Ceuta manifestent depuis dimanche contre leurs mauvaises conditions de vie.
  • Les autorités espagnoles refusent d’accorder un titre de séjour aux migrants entrés illégalement dans le pays.
  • Les systèmes de santé, débordés, peinent à prendre en charge les traumatismes et les maladies infectieuses.

Dimanche, un important groupe de migrants s’est rassemblé sur une plage de Ceuta, une enclave espagnole en Afrique du Nord, pour protester contre leurs conditions de vie et demander l’asile. Les manifestants font partie d’un groupe de plusieurs milliers de personnes restées sur place après la franchissement massif de la frontière il y a deux semaines. À l’époque, des dizaines de milliers de personnes avaient tenté de pénétrer dans cette petite ville depuis le Maroc. Bien que la plupart de ceux qui ont franchi la frontière soient désormais partis, ceux qui sont restés veulent à tout prix éviter d’être renvoyés au Maroc.

Conditions désespérées

En raison de la capacité d’accueil limitée de la ville, bon nombre de ces nouveaux arrivants vivent dans des camps de fortune situés à la périphérie de la ville ou le long de la côte.Ils doivent y affronter des conditions météorologiques difficiles et un manque d’hygiène. Les manifestants ont brandi des banderoles et des drapeaux espagnols pour souligner leur humanité et leur refus de rentrer chez eux, tandis que certains décrivaient la misère de devoir dormir dans le froid au bord de l’eau. Malgré ces appels à l’aide, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, continue d’affirmer que les personnes entrées illégalement ne se verront pas accorder de titre de séjour et ne seront pas autorisées à se rendre sur le continent espagnol, sauf dans des cas exceptionnels de vulnérabilité extrême.

Un système de santé sous pression

Cet afflux soudain a mis les infrastructures sanitaires locales à rude épreuve. Selon Enrique Roviralta, président du conseil médical de Ceuta, le personnel croule sous la charge de travail et le gouvernement a tardé à réagir. Il a souligné une augmentation des traumatismes ainsi que l’apparition de maladies contagieuses telles que la gale et la diarrhée infectieuse. La ministre espagnole de la Santé, Monica Garcia, a en revanche nié que le système se soit complètement effondré, tout en admettant qu’il était sous pression. Elle a par ailleurs critiqué la tendance à associer migration et maladie, qualifiant ces opinions de xénophobes.

Motivations diverses de la migration

Les motivations de ce voyage varient d’un migrant à l’autre. De nombreux ressortissants marocains, parmi lesquels des professionnels hautement qualifiés, ont cité la stagnation des salaires et le manque de mobilité économique comme principales raisons les poussant à chercher une nouvelle vie en Europe. (ev)

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