Le Japon souhaite créer son propre service de renseignement sur le modèle de la CIA


Principaux renseignements

  • La Première ministre Sanae Takaichi procède à une refonte du dispositif de sécurité japonais afin de faire face aux menaces régionales.
  • Le Japon vise à mettre en place d’ici 2028 un service de renseignement autonome sur le modèle de la CIA.
  • De nouvelles lois anti-espionnage combleront des lacunes critiques en matière de défense nationale.

La Première ministre Sanae Takaichi a lancé une refonte stratégique de l’appareil de sécurité japonais, en commençant par la première réunion d’un groupe consultatif spécialisé chargé d’améliorer les tactiques de contre-espionnage et la collecte de renseignements. Lors d’une réunion à huis clos avec 17 experts, Takaichi a souligné que le renforcement de ces capacités était une nécessité absolue pour protéger la nation contre les dangers extérieurs.

Les menaces régionales

La Première ministre a désigné l’instabilité du contexte régional comme principal moteur de ces changements, soulignant l’expansion militaire de la Corée du Nord et de la Chine, ainsi que le renforcement des alliances entre Moscou et Pékin, et entre Moscou et Pyongyang.

Reconnue pour sa ligne dure en matière de sécurité et approchant de sa première année au pouvoir, Takaichi a fait de la défense du Japon contre les ingérences étrangères la pierre angulaire de son gouvernement.

Nouveau cadre de renseignement

Sa vision à long terme prévoit la mise en place, d’ici mars 2028, d’un organisme de renseignement autonome calqué sur le modèle de la CIA américaine. En complément, elle entend mettre en œuvre des lois contre l’espionnage afin de combler les failles de sécurité qui ont rendu le Japon vulnérable par rapport à d’autres pays développés.

Cette transition a débuté en juillet avec la création du Bureau national du renseignement, qui centralise les données relatives à la sécurité et à la sûreté provenant de divers secteurs gouvernementaux et rend compte à un conseil présidé par Takaichi.

L’espionnage et la désinformation

Ce groupe consultatif, composé de dirigeants d’entreprises, d’universitaires et de professionnels de la sécurité, reflète la pratique politique japonaise traditionnelle consistant à solliciter un large éventail d’expertises pour valider les changements politiques majeurs.

Takaichi a averti que le pays devait lutter contre la fuite illégale de secrets de haute technologie vers des agents étrangers et contre l’utilisation de la désinformation comme arme visant à manipuler l’opinion publique.

Soutien du grand public

Historiquement, le Japon a démantelé la majeure partie de son infrastructure de renseignement après la Seconde Guerre mondiale, l’opinion publique craignant un retour au totalitarisme. Cependant, les sondages actuels indiquent que la population soutient globalement les initiatives de Takaichi.

La Première ministre a notamment souligné que l’absence de lois officielles contre l’espionnage entrave la capacité du gouvernement à appréhender des espions étrangers ou à négocier des échanges de prisonniers pour les citoyens japonais détenus à l’étranger. Des données du ministère des Affaires étrangères révèlent que la Chine a arrêté plus de dix ressortissants japonais pour des motifs liés à la sécurité ces dernières années.

Projets à venir

Au-delà de la collecte de renseignements, Takaichi renforce le contrôle des capitaux étrangers en mettant en place un organisme d’examen des investissements étrangers similaire au CFIUS américain. De plus, le gouvernement prévoit de convoquer un autre groupe d’experts afin d’élaborer des stratégies de lutte contre le terrorisme. (fc)

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