Principaux renseignements
- Selon Kyrylo Budanov, la Russie recourt à la désinformation et au sabotage physique pour déstabiliser l’Europe.
- Les pays européens reconnaissent désormais ces attaques clandestines contre les infrastructures critiques.
- Les alliés doivent tirer parti de l’expertise de l’Ukraine en matière de combat moderne pour renforcer leur propre sécurité.
Kyrylo Budanov, haut responsable au sein du cabinet du président ukrainien et ancien directeur des services de renseignement, suggère que les pays européens reconnaissent enfin la réalité de l’agression hybride de la Russie. C’est ce que rapporte Euronews.
Lors d’une conférence à Riga, il a fait remarquer que l’impact de ces opérations clandestines ne se limite plus à la région balte, mais se fait sentir dans toute l’Europe centrale.
Les mécanismes de la guerre hybride
Selon Budanov, Moscou met en œuvre une stratégie qui commence par des campagnes de désinformation et de propagande, pour aboutir finalement à des attaques physiques. Il a expliqué que ce schéma se traduit souvent par des actes de sabotage visant des infrastructures critiques, telles que les réseaux ferroviaires, les hubs aériens et les usines d’armement.
Il a exprimé l’espoir que cette prise de conscience croissante conduise à une meilleure compréhension de l’adversaire auquel ils sont confrontés.
Preuves de sabotage dans toute l’Europe
Les événements récents confèrent un poids supplémentaire à ces avertissements. Ainsi, le gouvernement estonien enquête sur un lien éventuel entre la Russie et un incendie criminel chez un fournisseur de l’armée.
Par ailleurs, les autorités allemandes ont identifié un drone rempli d’explosifs, découvert dans un aéroport de Leipzig, comme étant d’origine russe. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a qualifié ces incidents de volet d’une stratégie russe plus large visant à déstabiliser l’Europe par des menaces et des actes de sabotage.
Tensions diplomatiques
Le climat sécuritaire s’est encore compliqué suite à la visite inattendue à Moscou du directeur de la CIA, John Ratcliffe. Bien que cette visite ait suscité des inquiétudes quant à la stabilité des États baltes et à d’éventuelles discussions sur les relations entre la Russie et l’Iran, l’Estonie et la Lettonie ont affirmé que leurs analyses des menaces restaient inchangées.
Budanov a rejeté les allégations selon lesquelles ces pays ignoreraient les avertissements et a déclaré que les alliés maintenaient un flux continu de renseignements afin de gérer ce risque persistant.
Tirer parti de l’expérience de combat ukrainienne
En conclusion de son discours, Budanov a déclaré que l’Ukraine et la Russie disposaient d’un savoir-faire militaire moderne sans égal. Il a exhorté les États européens à tirer parti de l’expertise acquise de haute lutte par l’Ukraine afin d’éviter les coûts dévastateurs de la guerre.
Selon Budanov, les autres pays peuvent mieux protéger leur propre sécurité en tirant les leçons de l’expérience de l’Ukraine, qui a coûté au pays de nombreuses vies humaines et d’importantes ressources. (lv)
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