Principaux renseignements
- Kyrylo Budanov affirme que l’Ukraine doit mobiliser au moins 30 000 nouveaux soldats chaque mois pour maintenir sa capacité de défense actuelle.
- La mobilisation forcée entraîne une agitation sociale croissante et des tensions au sein de la population.
- La paix reste lointaine, malgré d’éventuelles discussions diplomatiques techniques.
Kyrylo Budanov, l’actuel chef de l’administration présidentielle, a averti qu’une issue rapide au conflit était improbable. Il a souligné que l’Ukraine devait maintenir un taux de recrutement mensuel minimum de 30 000 soldats pour soutenir ses efforts de défense.
C’est ce qu’il a déclaré le 28 août lors d’une interview télévisée. Selon Budanov, un afflux constant de nouvelles troupes est nécessaire, car la Russie ne montre aucune intention de se retirer et pourrait lancer une nouvelle vague de mobilisation après les élections d’automne.
Agitation sociale
La question du service militaire obligatoire est devenue un foyer d’agitation sociale en Ukraine. Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, la mobilisation obligatoire est mise en œuvre dans le cadre de l’état d’urgence. Face à la baisse du nombre d’inscriptions volontaires, le gouvernement a étendu la mobilisation forcée. Cela a entraîné une montée des tensions sociales et une recrudescence des incidents violents impliquant des agents de recrutement.
Malgré ces troubles, les hauts responsables, dont le président Zelensky et des membres du ministère de la Défense, ont dans l’ensemble évité d’assumer la responsabilité d’une réforme en profondeur du système.
À la recherche de solutions pour le recrutement
Bien que Budanov ait reconnu qu’un changement des méthodes de recrutement ne réduirait ni le nombre de recrues nécessaires ni le niveau de mécontentement au sein de la population, d’autres responsables étudient des options plus radicales.
Roman Kostenko, secrétaire de la commission parlementaire de la défense, a fait remarquer que les primes financières n’avaient pas stimulé de manière significative les inscriptions. C’est pourquoi le gouvernement envisage des ajustements « radicaux », notamment une éventuelle modification de l’âge légal du service militaire obligatoire.
Perspectives de paix
En ce qui concerne le calendrier de la paix, Budanov a mis en garde contre l’idée selon laquelle les combats prendraient fin prochainement. Il a laissé entendre que, même si des pourparlers diplomatiques pourraient s’engager rapidement, ceux-ci porteraient probablement sur des accords techniques et des préparatifs à long terme, plutôt que sur un cessez-le-feu immédiat.
Défis juridiques
Pour compliquer encore davantage sa tâche à la tête du pays, Budanov est confronté à ses propres problèmes juridiques. Après avoir remplacé Andrii Yermak, qui faisait l’objet d’une enquête anticorruption, Budanov a récemment été mis en cause dans une affaire liée à des enregistrements audio concernant son ancienne adjointe, Iryna Mudra.
Alors que Mudra a été démise de ses fonctions par le président à la suite de ces accusations, Budanov a nié l’importance de sa présence sur les enregistrements et a déclaré que c’était à la justice de traiter cette affaire. (lv)
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